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L'Afrique de l'Ouest veut l'aval de l'ONU pour intervenir au Mali

15/06/2012 09:26 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Les nations d'Afrique de l'Ouest pressent le Conseil de sécurité des Nations unies d'adopter une résolution qui autoriserait toute action militaire contre le Mali, où un coup d'État dirigé par une junte a renversé le gouvernement démocratiquement élu, et où des rebelles ont ensuite capturé le nord du pays et déclaré l'indépendance.

De hauts responsables du bloc régional d'Afrique de l'Ouest connu sous le nom de CÉDÉAO se sont rencontrés derrière des portes closes, vendredi, en compagnie d'ambassadeurs du Conseil de sécurité, pour discuter de la crise au Mali.

Des diplomates du Conseil ont indiqué que les membres avaient encore des questions à propos des plans de la CÉDÉAO et examineraient la requête pour autoriser les actions militaires.

Brieuc Pont, porte-parole de la délégation française à l'ONU, a écrit sur Twitter que les discussions entre les deux organisations avaient effectué de «bons progrès... pour aider le Mali à restaurer l'ordre constitutionnel et l'intégrité territoriale». La commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de la CÉDÉAO Salamatu Hussaini Suleiman a pour sa part déclaré que la réponse du Conseil était «très, très positive».

Selon elle, la situation est particulièrement critique au Mali. Mme Suleiman dit d'ailleurs croire qu'«en vertu des réponses, de l'appui et de l'encouragement reçus des membres du conseil», la résolution devrait être adoptée prochainement.

Dans un communiqué conjoint émis mercredi, le Conseil de sécurité et l'Union africaine ont appelé à l'application urgente d'une entente du 6 avril entre la CÉDÉAO et les responsables du coup d'État du 21 mars, en plus de demander la fin des hostilités déclenchées dans le nord par les groupes rebelles.

Les deux institutions ont admis, sans les appuyer, les efforts de la CÉDÉAO pour «examiner les options pour restaurer la paix et la sécurité au Mali dans le contexte du respect de l'intégrité territoriale malienne».

Lorsque des soldats menés par un officier du milieu du rang ont saisi le pouvoir, ils ont dit avoir renversé le président malien démocratiquement élu en raison de sa mauvaise gestion de la rébellion dans le nord, qui a débuté en janvier. Après le coup d'État, les rebelles touaregs ont profité du vide sécuritaire et, en quelques semaines, ont pris le contrôle du nord avec l'aide d'une faction islamiste.

Ce coup d'État a été un sévère recul pour la démocratie dans cette nation de 15,4 millions d'habitants tout juste au sud du désert du Sahara. Une dizaine de candidats devaient participer au premier tour des élections présidentielles du 29 avril.

La CÉDÉAO a nommé le président du Burkina Faso, Blaise Campaoré, comme médiateur au Mali. Celui-ci y rencontre des groupes qui ont des doléances et des plaintes — mais pas de groupes terroristes, a dit Mme Suleiman. Les leaders de la CÉDÉAO ont également donné un mandat pour mettre 3000 hommes en alerte, a-t-elle ajouté.

Selon Mme Suleiman, une première conférence de planification a lieu à Abidjan avec des experts de la CÉDÉAO, des Nations unies, des États-Unis, de la France et d'autres partenaires qui tentent d'élaborer une «stratégie parfaite».

Le concept de base, approuvé par le Conseil de sécurité, «sera d'assurer la sécurité du gouvernement de transition à Bamako, en plus d'aider à la restructuration de l'armée malienne, en plus de travailler avec eux pour résoudre la crise dans le nord du pays».

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