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La dette des ménages canadiens touche un record à 152 % du revenu disponible

15/06/2012 09:18 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Les ménages canadiens ont inscrit au premier trimestre un nouveau record douteux pour ce qui est de leur niveau d'endettement.

Selon les plus récents chiffres de Statistique Canada, le ratio de la dette par rapport au revenu disponible a grimpé à 152 pour cent lors des trois premiers mois de l'année, alors qu'il était de 150,6 pour cent au dernier trimestre de 2011.

Ces nouvelles données vont probablement inquiéter le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, qui estimait encore cette semaine que le niveau d'endettement des ménages rend les Canadiens vulnérables à un choc économique.

Malgré la hausse de la dette exprimée en pourcentage du revenu disponible, l'emprunt a en fait ralenti au premier trimestre, de 0,9 pour cent.

En outre, la valeur nette des ménages a grimpé à 185 800 $, par rapport à 182 900 $ au trimestre précédent, essentiellement en raison de la hausse de valeurs des investissements en Bourse et des actifs de pension.

La hausse de la valeur nette reflète la croissance de 3,7 pour cent de l'indice phare de la Bourse de Toronto pendant les trois premiers mois de l'année, un gain qui a cependant été complètement effacé au deuxième trimestre. L'indice de référence du parquet torontois se situe actuellement environ six pour cent en deçà de son niveau du début de l'année.

Au cours du premier trimestre, les Canadiens ont connu une modeste amélioration de leur situation financière, leur dette sur le marché du crédit exprimée en pourcentage de leurs actifs ayant retraité à 24,9 pour cent, contre 25,1 pour cent le trimestre précédent.

«La croissance du revenu disponible des ménages a connu un ralentissement au cours du trimestre, en raison d'une baisse des revenus de placement des ménages et d'une augmentation des impôts sur le revenu des particuliers et des autres charges sociales», a expliqué l'agence gouvernementale dans un communiqué.

«Ce ralentissement a été plus prononcé que celui de la dette sur le marché du crédit, de sorte que le ratio de cette dernière au revenu personnel disponible s'est élevé à 152 pour cent.»

Malgré tout, M. Carney a averti que l'apparence de bonne santé financière était en grande partie attribuable au fait que la valeur des maisons restait élevée. Une chute des prix des maisons éroderait le patrimoine de plusieurs Canadiens et un choc économique ou une hausse des taux d'intérêt pourrait compliquer les paiements mensuels d'intérêt de plusieurs ménages.

Dans un rapport publié jeudi, la banque centrale a prévenu qu'une hausse de trois pour cent du taux de chômage — similaire à celle constatée lors de la récente récession — triplerait le nombre des ménages endettés incapables de s'acquitter de leurs obligations financières. Ce taux est actuellement d'environ 0,5 pour cent, mais il pourrait bondir à 1,5 pour cent, selon ce scénario.

Selon l'économiste Diana Petramala, de la Banque TD, les ménages ne peuvent plus compter sur la croissance de la valeur de leurs actifs pour les secourir.

«Ménages, faites attention — avec les faibles taux d'intérêt, les coûts du service de la dette restent faibles, a-t-elle affirmé. Cependant, le niveau d'emprunt excessif laisse les Canadiens plus vulnérables à une future hausse des taux d'intérêt.»

«Même une augmentation d'un point de pourcentage des taux d'intérêt pourrait faire grimper le coût du service de la dette de façon significative.»

Pour ce qui est de la valeur nette nationale, incluant les gouvernements et les entreprises, elle a grimpé de deux pour cent au premier trimestre pour atteindre 6700 milliards $, soit 193 500 $ par personne.

Cette croissance est attribuable à une hausse de la valeur des actifs, le patrimoine national ayant augmenté de 1,5 pour cent pour s'établir à 6900 milliards $, tandis que la dette extérieure nette s'établissait à 200 milliards $, en baisse de 13 pour cent par rapport au quatrième trimestre de 2011.

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