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Jean Charest: l'extrême gauche prend le contrôle du Parti Québécois

15/06/2012 02:38 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Sur l'échiquier politique, Pauline Marois incarne désormais l'extrême gauche, aux yeux du premier ministre Jean Charest.

Par faiblesse et manque de convictions, Mme Marois a laissé les éléments de gauche les plus radicaux prendre le contrôle du Parti québécois au cours des derniers mois, selon lui.

Dans son bilan de fin de session parlementaire, vendredi, M. Charest s'est livré à une charge contre Mme Marois, une rivale qu'il prend visiblement très au sérieux, depuis la défaite des libéraux au profit du PQ dans Argenteuil, lundi dernier, et dont il apprécie noircir le portrait.

M. Charest cherche donc à être perçu par la population comme celui qui est placé au centre de l'échiquier politique, jugeant que le PQ a choisi résolument de glisser à gauche depuis le début du conflit étudiant.

Même si elle prétend vouloir devenir première ministre du Québec, Mme Marois n'est tout simplement pas digne de la fonction, selon M. Charest, en ayant refusé de condamner les actes d'intimidation et de violence reliés aux manifestations étudiantes.

«Mme Marois n'a pas été à la hauteur et elle a failli à la tâche», a jugé durement, en conférence de presse, le premier ministre, qui jour après jour, en Chambre, depuis des mois, dénonce le fait que la chef de l'opposition porte le carré rouge, symbole de la contestation étudiante porté à la boutonnière.

Il a décrit la chef péquiste comme une leader faible, devenue l'otage des éléments les plus extrémistes et radicaux de son parti.

«Elle a plié l'échine devant l'extrême gauche de son parti», à son avis.

Pire, précisant les contours de ce portrait peu flatteur, M. Charest perçoit sa rivale comme une femme aux convictions bien relatives.

«Elle module ses convictions en fonction de son auditoire», selon le premier ministre, soutenant qu'en dehors de la Chambre elle porte ou non le carré de feutre rouge, au gré de ses humeurs.

«Elle s'est même prêtée au jeu des chaudrons, allant frapper de la casserole», a-t-il dénoncé, faisant référence à la présence de Mme Marois à une manifestation de casseroles, le 2 juin, à Lachute, au local électoral de la candidate libérale d'Argenteuil.

Il a jugé ce geste indigne d'une personne qui aspire à devenir première ministre.

Malgré l'échec à répétition des négociations avec les étudiants, autour de la hausse des droits de scolarité, et la perturbation du climat social depuis le début du conflit, le premier ministre n'a fait aucun mea culpa vendredi. Il a jeté le blâme sur les leaders étudiants, disant qu'il ne pouvait régler un conflit, s'il était seul à négocier. Il maintient donc la ligne dure envers les leaders étudiants invités à faire des concessions.

«Difficile de nous culpabiliser d'avoir agi de manière aussi responsable qu'on a fait depuis le début», selon lui.

Comme il a fait de nombreuses fois au cours des derniers mois, il a énuméré les gestes accomplis par son gouvernement pour mieux financer les universités sans trop alourdir le fardeau des étudiants malgré la hausse des droits de scolarité: étalement de la hausse prévue sur sept ans au lieu de cinq, bonification du régime de prêts et bourses, remboursement des prêts proportionnel au revenu.

Le Québec demeure l'endroit au Canada où les droits de scolarité sont les plus faibles, a-t-il insisté.

À propos de la date des prochaines élections générales, M. Charest s'en est tenu à son commentaire habituel: elles auront lieu d'ici 18 mois. Il a cherché encore une fois à faire taire les rumeurs sor son avenir personnel, réaffirmant qu'il restait en poste et conduirait les troupes libérales aux prochaines élections pour un quatrième mandat consécutif.

À propos du déroulement de la session parlementaire, il a aussi reproché à l'opposition péquiste d'avoir bloqué systématiquement l'adoption de certains projets de loi, nommément celui sur les mines et celui devant créer la Société du Plan Nord.

Au cours de cette session, possiblement la dernière avant le déclenchement des élections, le gouvernement a fait adopté une vingtaine de projets de loi.

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