NOUVELLES

Israël: pétition contre la campagne anti-immigrés du gouvernement

15/06/2012 03:32 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

Soixante-dix intellectuels, universitaires et artistes israéliens ont signé une pétition pour dénoncer la campagne de "dénigrement" menée par le gouvernement contre les immigrés et qui se traduit notamment par l'arrestation de Sud-Soudanais en vue de leur expulsion.

Dans cette lettre aux autorités publiée vendredi, les signataires estiment que la politique du "zéro immigration et du zéro réfugiés est immorale", même s'ils reconnaissent qu'Israël a le droit d'ériger une clôture le long de sa frontière avec l'Egypte pour lutter contre les infiltrations et de déterminer qui peut rester sur son territoire.

L'un des signataires, le dramaturge Joshua Sobol, a déploré à la radio militaire que les étrangers soient "traités en bêtes sauvages et utilisés comme boucs émissaires".

La lettre recommande ainsi que les demandeurs d'asile qui ne peuvent pas retourner dans leur pays soient autorisés à travailler temporairement en Israël.

Depuis cinq jours, 300 clandestins, pour la plupart des Sud-Soudanais, ont été arrêtés en Israël en vue de leur expulsion. Plus de 400 autres ont souscrit à une offre de départ volontaire contre un pécule environ 1.000 euros par adulte et 240 euros par enfant, selon Sabine Hadad, une porte-parole du département de l'immigration au sein du ministère de l'Intérieur.

Le premier avion affrété pour reconduire des clandestins à Juba, capitale du Soudan du Sud, est prévu dimanche soir.

Le gouvernement israélien a décidé d'expulser 1.500 Sud-Soudanais en situation irrégulière après avoir reçu le feu vert de la justice. Cette mesure a été étendue aux 2.000 clandestins ivoiriens.

Selon les statistiques officielles, plus de 60.000 immigrés clandestins africains vivent en Israël, la plupart dans les quartiers pauvres du sud de Tel-Aviv, et 15.000 dans la station balnéaire d'Eilat (mer Rouge) où ils constituent un quart de la population locale.

Leur présence a provoqué en mai des violences xénophobes et racistes qui ont divisé le pays.

jlr/fc

PLUS:afp