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Iran/Pétrole: L'Afrique du Sud regarde du côté de l'Angola et du Nigeria

15/06/2012 07:07 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

L'Afrique du Sud entend se fournir en Angola et au Nigeria, ainsi qu'en Arabie Saoudite pour réduire ses livraisons de brut iranien, comme l'exigent les Etats-Unis en représailles au programme nucléaire de Téhéran, a souligné vendredi un haut responsable gouvernemental.

"Notre intention est de regarder plus particulièrement du côté de l'Angola et du Nigeria, mais évidemment nous allons continuer à importer en provenance d'Arabie Saoudite", dont le pétrole est d'une qualité proche du brut iranien, a indiqué la directrice générale de l'Energie, Mme Nelisiwe Magubane, lors d'un point presse après un conseil des ministres.

Fin 2011, l'Afrique du Sud était le premier importateur africain de pétrole iranien et couvrait plus d'un quart de ses besoins en pétrole en Iran.

Face aux sanctions que les Etats-Unis menacent d'appliquer à partir de juillet aux pays se fournissant en Iran, l'Afrique du Sud a demandé et obtenu un sursis de six mois à compter du 1er juillet pour s'adapter.

Ce sursis est "potentiellement renouvelable à condition de prouver que durant la période, les importations de brut iranien ont significativement diminué", a souligné le gouvernement sud-africain, dans un communiqué. Et il est le fruit "d'intenses négociations" avec Washington.

Depuis 2012, la compagnie pétrochimique nationale Sasol a cessé de se fournir en Iran. Mais d'autres entreprises, tel Engen, filiale sud-africaine du groupe malaisien Petronas, étaient davantage dépendantes de l'Iran.

Les syndicats sud-africains ont critiqué début 2012 l'attitude du gouvernement et demandé que "cessent les courbettes face aux impérialistes américains".

Les sanctions contre l'Iran viennent aussi de l'Union européenne et posent un autre problème à l'Afrique du Sud depuis que les assureurs et réassureurs européens n'ont plus le droit d'opérer sur les cargaisons d'Iran.

"Cela pénalise à long terme le secteur du raffinage en Afrique du Sud (...)" mais Mme Magubane a indiqué que des négociations étaient en cours et elle s'est dite "prudemment optimiste" à la veille d'une prochaine réunion à Moscou.

L'Afrique du Sud fait valoir que "ces sanctions ne vont pas seulement pénaliser l'économie sud-africaine mais aussi ses voisins", a-t-elle expliqué.

La plus grande part de l'Afrique australe dépend des raffineries sud-africaines qui tournent à plus de 80% de leur capacité, mais ne suffisent pas à répondre à la demande.

Une nouvelle raffinerie en collaboration entre Petro SA et le groupe chinois Sinopec est en projet au nouveau port de Coega (sud-est) pour 2018.

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