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France: la gauche se dirige vers une majorité absolue au second tour

15/06/2012 02:24 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

PARIS - Forte de son score au premier tour des élections législatives en France, la gauche paraît en mesure de remporter une majorité absolue à l'Assemblée nationale au second tour de dimanche.

Selon une projection Ipsos-Logica Business Consulting publiée vendredi, le Parti socialiste et ses alliés du Parti radical de gauche et du Mouvement républicain et citoyen peuvent tabler sur un nombre de sièges compris entre 284 et 313, la majorité absolue étant de 289 députés.

Un tel contingent permettrait aux socialistes de ne pas dépendre de l'appui d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et du Front de gauche pour faire adopter certains projets de loi.

Le président socialiste François Hollande, élu le 6 mai, disposerait ainsi de la majorité «large, solide, cohérente» qu'il appelait de ses voeux lors de sa campagne pour pouvoir appliquer son programme.

Il pourrait en outre compter sur une concentration sans précédent des pouvoirs à gauche: de l'exécutif aux grandes villes en passant par l'Assemblée, le Sénat, les régions et les départements. Une perspective sur laquelle la droite a bâti une partie de sa campagne, sans parvenir semble-t-il à enrayer la dynamique de la présidentielle.

À la faveur de l'accord conclu avec le Parti socialiste, EELV obtiendrait de 14 à 20 sièges et pourrait parvenir à constituer un groupe à l'Assemblée, le seuil minimal s'élevant à 15 députés. En revanche, le Front de gauche ne table plus que sur 12 à 13 sièges, ce qui l'empêcherait de constituer un groupe.

Pour le Parti socialiste, la seule véritable fausse note vient de la première circonscription de La Rochelle, en Charente-Maritime, où la candidate officielle du parti, Ségolène Royal, doit faire face au dissident Olivier Falorni, donné favori dans les sondages. L'affaire a tourné au psychodrame quand la conjointe du président Hollande, Valérie Trierweiler, a apporté son soutien à M. Falorni sur Twitter.

Si l'Union pour un mouvement populaire (UMP) a tenté d'exploiter l'incident, évoquant un «vaudeville» au sommet de l'État, elle s'est surtout employée à justifier sa stratégie du «ni Front national ni front républicain», destinée à ne pas s'aliéner les électeurs du Front national sans pour autant passer d'accord avec ce parti.

Reste que cette ligne, dénoncée comme une «stratégie d'alliance avec le Front national» par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, a connu quelques accrocs sur le terrain. C'est le cas dans les Bouches-du-Rhône, où le candidat de l'UMP, Roland Chassain, s'est désisté en faveur de la candidate du Front national face au socialiste Michel Vauzelle, ou encore en Moselle, où l'ex-ministre UMP Nadine Morano a lancé un appel aux électeurs du Front national dans l'hebdomadaire d'extrême droite «Minute».

Dans ce contexte, l'UMP et ses alliés du Nouveau centre et du Parti radical remporteraient de 210 à 250 sièges, selon Ipsos, loin des 343 sièges raflés en 2007, après l'élection de Nicolas Sarkozy.

Le Front national, omniprésent entre les deux tours des législatives, espère faire élire des députés dimanche. Ipsos prédit de zéro à deux sièges pour le parti d'extrême droite. Exception faite du court passage de Jean-Marie Le Chevallier en 1997-1998, c'est en 1986 que les derniers députés du Front national ont siégé au Palais Bourbon.

Dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen (42,2 pour cent au premier tour) pourrait l'emporter face au socialiste Philippe Kemel, auquel s'est rallié le leader du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Une autre membre du clan Le Pen, Marion, 22 ans, nièce de Marine, est sortie en tête dans le Vaucluse et affronte les candidats de l'UMP et du Parti socialiste. Le Front national pense avoir d'autres cartes à jouer dans le Gard, dans les Bouches-du-Rhône et en Moselle.

Au total, 541 des 577 sièges de l'Assemblée restent à pourvoir au second tour. L'une des clés de ce scrutin sera le taux de participation, qui a été de seulement 57,23 pour cent au premier tour.

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