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Euro-2012 - Racisme: Balotelli cible de supporteurs croates

15/06/2012 11:46 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Le match Italie-Croatie (1-1), jeudi à Poznan à l'Euro-2012, a été le cadre d'insultes racistes visant l'attaquant italien de parents ghanéens Mario Balotelli, ont constaté vendredi un photographe de l'AFP, puis un réseau antiraciste travaillant dans le football.

Une banane a été ramassée par un stadier au pied d'une tribune de supporters croates d'où étaient partis des cris de singe en direction de Mario Balotelli, a d'abord rapporté vendredi un photographe de l'AFP.

Le photographe de l'AFP était situé dans le coin du terrain où étaient installés une majorité de supporteurs croates et a entendu des "cris de singe" constants adressés à Balotelli. Le photographe a vu un stadier ramasser une banane jetée sur le terrain.

Puis le réseau FARE (football contre le racisme en Europe) a indiqué sur son compte Twitter vendredi que ses observateurs avaient noté qu'entre 300 et 500 supporteurs croates avaient été à l'origine de chants racistes contre Balotelli.

"Nous avons deux observateurs par match et ils parlent la langue des deux équipes engagées, a confirmé Piara Powar, directeur du FARE, interrogé par l'AFP. Ils nous ont dit qu'entre 300 à 500 fans croates étaient impliqués dans des chants racistes. C'est un grand nombre. C'était intermittent puis ça a progressé durant le match. Et ça s'est intensifié quand Balotelli a été remplacé".

"Notre observateur italien, qui est un fan de foot, nous a dit qu'il a été choqué par ce qu'il a vu et entendu. Nous avons donné le rapport à l'UEFA et ils vont ouvrir une enquête. Nous attendons de voir s'il y aura d'autres preuves", a poursuivi ce responsable.

FARE a en revanche félicité par tweet "les fans italiens pour avoir encouragé Balotelli. Beaucoup ont chanté pour couvrir les cris de singe".

L'UEFA n'avait pas encore ouvert officiellement d'investigations sur ce cas vendredi après-midi.

Un porte parole de la fédération italienne interrogé par l'AFP a indiqué qu'aucun membre de l'équipe ne s'était plaint de chants racistes ou de jets de banane. La fédération italienne a en revanche indiqué qu'elle n'avait pas apprécié d'entendre l'hymne italien sifflé par les Croates.

Les supporteurs croates ont également lancé des fumigènes lors de ce match, comme lors du match précédent de leur équipe contre l'Eire dimanche dernier, ce qui avait entraîné l'ouverture d'une procédure disciplinaire de l'UEFA.

Le verdict dans le cas du fumigène (assortis de jets de projectiles divers et d'intrusion de spectateur sur le terrain) a valu vendredi à la fédération croate une amende de 25.000 euros.

Par ailleurs, l'UEFA enquête toujours sur deux cas de racisme présumé qui auraient précédemment visé Balotelli et Theodor Gebreselassie, joueur de la République Tchèque, d'origine éthiopienne. Ces deux cas n'avaient toujours pas entraîné vendredi l'ouverture de procédures disciplinaires.

L'UEFA avait décidé mardi de poursuivre ces investigations après avoir reçu de nouvelles "informations de sources indépendantes".

Le sélectionneur de l'Italie Cesare Prandelli avait pourtant catégoriquement démenti lundi que Mario Balotelli ait été visé par des chants racistes lors du nul contre l'Espagne (1-1) dans le match du groupe C dimanche à Gdansk (Pologne).

Samedi dernier, l'Association basée en Pologne, "Never Again" ("Plus Jamais"), membre du réseau FARE (football contre le racisme en Europe), soutenu par l'UEFA, avait rapporté un incident à caractère raciste au lendemain du match remporté par les Russes contre la République Tchèque (4-1).

"Notre observateur a entendu des cris de singe adressés par quelques supporteurs russes au joueur tchèque Theodor Gebreselassie", avait assuré "Never Again".

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