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Euro-2012 - Face à l'Eire, Silva tourne la page de son frustrant Mondial

15/06/2012 10:16 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Relégué au second plan par le doublé de Fernando Torres, le milieu offensif de l'Espagne David Silva a réalisé une performance de premier ordre jeudi, à Gdansk, contre l'Eire, en étant à l'origine ou à la conclusion de trois des quatre buts de la Roja.

Buteur pour la première fois à l'Euro-2012, Silva est aussi à l'origine de deux autres réalisations espagnoles: une performance de grande classe qui l'aidera sans doute à oublier son Mondial-2010 terriblement frustrant.

En Afrique du Sud, il n'avait été titulaire que lors du match d'ouverture perdu face à la Suisse (1-0) avant de vivre, depuis le banc, l'essentiel du parcours triomphal de l'Espagne.

Toujours actif, faisant preuve d'un sens collectif aigu, Silva a amené le ballon du premier but de Torres aux abords de la surface, avant qu'"El Nino" ne le récupère pour marquer d'une frappe croisée (4e).

Puis, il a magnifiquement lancé Torres dans la profondeur pour son deuxième but (70e), confirmant que ces deux-là s'entendent à merveille en sélection bien qu'ils soient adversaires en Angleterre: Torres à Chelsea, Silva à Manchester City.

Mieux, depuis le début du tournoi, Silva est même intervenu dans quatre des cinq buts espagnols puisque c'est aussi lui qui délivre la passe décisive à Fabregas face à l'Italie (1-1).

Fluet mais tonique, il est devenu essentiel dans l'équilibre de la Seleccion et ce n'est pas un hasard si Del Bosque l'a récemment qualifié de "Messi de la Roja", rendant ainsi hommage à ses qualités de création mais aussi de finition.

Le compliment est un rien flatteur, Silva ne possédant notamment pas l'appétit de buteur de la "Pulga", mais comme Messi au Barça, Silva est un passage obligé du jeu offensif de l'Espagne.

Rares sont donc les actions où le ballon ne passe pas par les pieds du joueur canarien, seulement dépassé en termes d'activité par Iniesta et Xavi.

Et comme Messi, il possède un pied gauche magique, qu'il utilise souvent pour délivrer la dernière passe ou à l'occasion pour conclure lui-même les actions.

"C'est un joueur très important pour nous", a réaffirmé Del Bosque avant d'affronter l'Eire. Et le sélectionneur d'aller jusqu'à faire amende honorable par rapport à sa gestion de groupe au Mondial-2010, où Silva avait payé au prix fort son match décevant face à la Suisse.

"Peut-être n'a-t-il pas eu toute la place qu'il pouvait espérer sur ce Mondial, mais nous comptons énormément sur lui pour cette compétition", a assuré Del Bosque.

Silva aussi semble se servir de cette expérience un rien frustrante pour se montrer encore plus conquérant à l'Euro. Discret dans la vie, n'aimant rien tant que se réfugier dans le calme de son village d'Arguineguin aux Canaries, le petit milieu de 26 ans semble transfiguré sur le terrain.

Là, il laisse exploser toute sa fureur de jouer. La furia de la Roja.

cle/grd/sk

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