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Déboires du transporteur uruguayen Pluna: Chorus ne veut pas réinvestir

15/06/2012 02:46 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La société Chorus Aviation (TSX:CHR.B) n'a pas l'intention de réinvestir dans le transporteur uruguayen Pluna, dont elle est actionnaire et qui fait actuellement face à de graves difficultés financières.

C'est ce qu'a indiqué vendredi une porte-parole de Chorus, Manon Stuart. La principale activité de l'entreprise de Halifax est d'effectuer les liaisons régionales d'Air Canada (TSX:AC.B).

En 2010, Chorus, alors connue sous le nom de Jazz, avait investi 15 millions $ US pour acquérir 25 pour cent des actions de la compagnie nationale uruguayenne, qui relie la capitale du petit pays, Montevideo, à plusieurs villes des pays voisins.

Depuis quelques mois, Pluna connaît de graves difficultés financières qui l'ont pratiquement acculée à la faillite. L'entreprise refuse pour l'instant d'accepter un plan de sauvetage de 30 millions $ US proposé par le gouvernement uruguayen.

Dans une lettre aux employés envoyée plus tôt ce mois-ci, le pdg de Pluna, Matias Campiani, a fait part de sa crainte que l'entreprise ne «s'effondre».

Le dirigeant a expliqué qu'après avoir été la compagnie aérienne connaissant la meilleure croissance de la région au cours des deux dernières années, Pluna est confrontée à plusieurs vents contraires. Parmi ceux-ci, on compte le ralentissement brusque des économies sud-américaines, l'instauration de mesures protectionnistes en Argentine et une guerre de prix.

Selon le quotidien uruguayen El Pais, le gouvernement du pays veut reprendre l'entreprise le temps de trouver de nouveaux investisseurs. L'État souhaiterait que Chorus réinvestisse dans Pluna.

Sans préciser l'ampleur des sommes en jeu, le journal soutient que Chorus est prête à «analyser» la situation, ce que dément Mme Stuart.

Chorus détient 33 pour cent des actions de la Sociedad Aeronautica Oriental (SAO) qui, avec la firme d'investissement latino-américaine LeadGate (67 pour cent), contrôle 75 pour cent de Pluna. Le gouvernement uruguayen possède les 25 pour cent restants du transporteur.

La porte-parole de Chorus n'a pas voulu dire vendredi si l'entreprise songeait à radier en tout ou en partie la valeur de son placement dans Pluna.

Depuis quelques années, Chorus tente de diversifier ses activités afin de réduire sa dépendance à l'égard d'Air Canada. Or, les deux principales mesures prises à cet effet — l'investissement dans Pluna et l'obtention d'un contrat de Thomas Cook — ont mal tourné. En avril, le voyagiste a mis fin à l'entente de cinq ans signée en 2010, qui procurait des revenus annuels d'environ 100 millions $ à Chorus.

Une éventuelle faillite de Pluna pourrait par ailleurs avoir des répercussions importantes pour Exportation et Développement Canada. La société d'État fédérale a garanti l'achat de trois jets régionaux CRJ900 de Bombardier (TSX:BBD.B) en 2010 et en 2011, une affaire de 120 millions $ US.

L'action de Chorus a progressé de trois pour cent vendredi pour clôturer à 3,09 $, à la Bourse de Toronto.

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