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Crise de l'UE: Angela Merkel rejette les solutions superficielles

15/06/2012 10:17 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

BERLIN - La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré vendredi que l'Europe devait s'attaquer «aux racines» de ses problèmes en réduisant sa dette et en renforçant sa compétitivité économique. Elle s'est montrée déterminée à résister aux pressions en faveur de solutions expéditives lors du sommet du G-20 la semaine prochaine.

«Je le dis ici et je le dirai là-bas aussi: l'Allemagne ne se laissera pas convaincre par toutes les solutions rapides comme les euro-obligations, fonds de stabilité et fonds européens de garantie de dépôt», a prévenu Mme Merkel lors d'une conférence organisée par un groupe représentant les sociétés familiales allemandes.

Confrontée à une critique croissante de sa politique d'austérité budgétaire et à la possibilité que la crise de la dette continue à s'étendre dans la zone euro, la chancelière a réaffirmé qu'elle ne considérait pas la relance de la croissance par l'endettement public comme la réponse.

Le chef du gouvernement italien, Mario Monti, et le président français, François Hollande, ont plaidé ensemble jeudi à Rome pour la mutualisation de la dette européenne, à laquelle Berlin s'oppose largement.

«Vous ne pouvez régler une crise de confiance qu'en vous attaquant aux racines. Je plaide pour qu'on s'attaque aux racines et non aux symptômes», a lancé Mme Merkel, jugeant que les deux grands problèmes résidaient dans la dette souveraine élevée et le manque de compétitivité de certains pays. Elle a cité l'Espagne en exemple de l'échec de «la croissance alimentée par l'infrastructure, les investissements rapides».

Le choix n'est pas entre des finances saines et la croissance, a estimé Angela Merkel. «Une bonne politique budgétaire est la condition nécessaire à une croissance économique réussie. Une bonne politique budgétaire seule ne suffit pas mais sans cela il n'y aura pas de croissance durable, sensée, sur le long terme.»

Dans ce contexte, «il n'y aura à long terme aucune bonne union économique ni monétaire sans union politique», a jugé la chancelière allemande. «C'est une tâche herculéenne, c'est laborieux, c'est un long processus (...) C'est vrai, mais je considère que c'est inévitable», a conclu Mme Merkel.

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