Charest, Marois, Legault et Khadir font leur bilan de session

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MAROIS CHAREST
PC

QUÉBEC - Pauline Marois a invité vendredi les électeurs à ne pas se laisser duper par les tentatives du premier ministre Jean Charest d'associer le Parti québécois au désordre social.

À quelques mois d'une possible élection générale, la chef péquiste a prédit que les libéraux mèneront «une campagne de dénigrement» avec de la publicité négative visant le PQ.

Elle appuie ses dires sur des documents libéraux obtenus récemment par son parti et qui suggèrent d'associer le Parti québécois «à la rue» en opposition à la création d'emplois et à la stabilité économique.

«J'invite les Québécois à ne pas se laisser manipuler par M. Charest. Les élections sont plutôt l'occasion de choisir un gouvernement, de choisir la direction que nous voulons prendre collectivement. Pour ma part, je ne souhaite pas diviser les Québécois, je souhaite plutôt les rassembler», a-t-elle argué.

À son avis, le gouvernement libéral a délibérément laissé traîner en longueur la crise étudiante et le mouvement de contestation sociale ces dernières semaines pour mieux jouer la carte de la loi et l'ordre et d'en retirer des gains politiques.

La volonté apparente du premier ministre de faire du carré rouge un symbole d'intimidation et de violence est motivée, selon elle, «par son désir de faire oublier son bilan».

Or, ce bilan se résume, entre autres, à «la vente à rabais de nos ressources, la faiblesse du gouvernement devant les attaques répétées du gouvernement Harper contre Québec et (sa) négligence à protéger le français et l'identité québécoise», a-t-elle énuméré.

Pour Mme Marois, le déclenchement des élections générales est la seule manière d'assainir le climat social.

Après avoir résisté à une crise de leadership aiguë en début d'année, la chef péquiste a clôturé les travaux parlementaires gonflée à bloc. Son parti a réalisé une percée historique lundi dernier en enlevant la circonscription d'Argenteuil, un bastion libéral.

Quant à lui, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a estimé que le premier ministre Charest n'est plus l'homme de la situation.

Le problème n'est pas le produit, c'est le vendeur, a dit M. Legault, en point de presse.

Il a soutenu que M. Charest n'est plus en mesure de gouverner, la population étant critique de l'ensemble de l'oeuvre du gouvernement des neuf dernières années.

Partant de là, peu importe ce que présentera M. Charest comme projet ou solution aux problèmes du Québec, la population demeurera sourde, selon lui.

Il a dit qu'il ne regrettait pas d'avoir appuyé le gouvernement, au moment du débat autour du projet de loi 78, malgré le risque politique, préférant être constant plutôt qu'opportuniste comme l'est l'opposition péquiste, à ses yeux.

Du reste, M. Legault s'est montré confiant malgré la chute de son parti dans les intentions de vote et le résultat décevant _ une troisième place, loin derrière le Parti québécois et le Parti libéral _ obtenu par la CAQ à l'élection complémentaire d'Argenteuil lundi dernier.

Il a fait remarquer que la montée fulgurante de la CAQ dans les sondages l'an dernier était trompeuse car il y avait un vide laissé par le Parti québécois en pleine crise de leadership.

«Il fallait prendre les sondages avec un grain de sel l'année dernière car il y avait une crise au Parti québécois. Nous sommes dans les 20 ou 25 pour cent selon les sondages et je pense que c'est une base solide pour un parti qui existe depuis sept mois», a-t-il dit.

La CAQ a également eu du mal à se frayer une place sous les projecteurs à cause «du brouillard politique dû à la crise étudiante», a avancé M. Legault.

Les barbecues et les épluchettes de maïs partout en province seront l'occasion pour la Coalition au cours de l'été de mieux se faire connaître auprès de la population et de faire passer son message, a indiqué son chef.

De son côté, le coporte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, a estimé que «l'intransigeance» du gouvernement libéral envers la jeunesse en lutte contre l'augmentation des droits de scolarité a marqué la dernière session parlementaire.

«Toute l'histoire des quatre derniers mois a démontré que l'intransigeance du gouvernement ne paie pas, ne fait qu'alimenter la détermination, non seulement des étudiants, mais d'une bonne partie de la population à les appuyer», a-t-il analysé.

Le gouvernement libéral a tort de ne pas tendre l'oreille à la jeunesse, a poursuivi M. Khadir. L'avenir n'appartient ni à Paul Desmarais, ni à Jean Charest, ni à Pauline Marois mais à l'ensemble des jeunes en colère contre la corruption et l'emprise des milieux d'affaires sur la politique, a-t-il illustré.

Les dernières semaines ont été fort chargées pour le leader de gauche. Son appui à la désobéissance civile contre la loi 78, les arrestations successives de sa fille, sa propre arrestation dans une manifestation illégale et une perquisition à son domicile lui ont procuré une couverture médiatique abondante.

Québec solidaire est un «parti des urnes et de la rue» et assume pleinement son rôle de porte-voix de la grogne populaire, a fait savoir M. Khadir.

La contestation sociale pourrait permettre à Québec solidaire de s'extirper de la marginalité et il n'est pas déraisonnable d'espérer l'élection de cinq à 10 députés solidaires au prochain scrutin, a dit le député de Mercier.

«C'est dans les rêves les plus raisonnables», a-t-il soulevé, dressant une liste des terreaux fertiles de Québec solidaire sur laquelle figurent les circonscriptions montréalaises Hochelaga-Maisonneuve, Sainte-Marie-Saint-Jacques, Rosemont et Gouin.

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