NOUVELLES

Aéroports: Garda veut convaincre Washington d'adopter le modèle canadien

15/06/2012 12:13 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Garda World (TSX:GW) veut convaincre Washington d'imiter le gouvernement canadien et de confier à des entreprises privées le contrôle préembarquement dans les aéroports.

De façon générale, cette tâche est actuellement effectuée aux États-Unis par des employés de la Transportation Security Administration (TSA), un organisme fédéral, alors qu'au Canada, l'Agence de la sûreté du transport aérien la sous-traite à des entreprises comme Garda, qui est le plus important joueur dans cette industrie.

En novembre dernier, un comité de la Chambre des représentants a publié un rapport concluant que la TSA est inefficace et que pas moins de 25 000 atteintes à la sécurité ont eu lieu au cours des dix premières années d'existence de l'agence, laquelle emploie 65 000 personnes.

Des élus américains, principalement des républicains, demandent donc que les activités de la TSA soient privatisées en partie.

Y voyant une occasion d'affaires intéressante, Garda a commencé à faire du lobbying à Washington pour vanter les mérites du «modèle canadien». L'entreprise montréalaise évalue le marché du contrôle préembarquement dans les aéroports américains à pas moins de 3,5 milliards $ US par année.

Garda se donne deux ans pour décrocher son premier contrat aéroportuaire aux États-Unis, a indiqué vendredi le grand patron de l'entreprise, Stéphan Crétier, à l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires.

À l'heure actuelle, Garda est surtout présente dans le secteur du transport de valeurs aux États-Unis. En 2009, la firme s'est départie de ses activités de gardiennage (surveillance d'édifices) au sud de la frontière. Garda croit toutefois pouvoir mettre à profit son réseau canadien et son expérience pour s'imposer dans les aéroports américains.

En vertu du «Screening Partnership Program», les aéroports américains peuvent remplacer les agents de contrôle de la TSA par des employés du secteur privé, mais seulement une dizaine d'entre eux l'ont fait jusqu'ici. Le plus important est l'aéroport de San Francisco.

Un rapport publié en 2008 par la TSA indique toutefois que les coûts sont de neuf à 17 pour cent plus élevés dans les aéroports où le contrôle préembarquement est effectué par des firmes privées plutôt que par l'organisme public. La fiabilité des données du rapport a toutefois été contestée.

Par ailleurs, Garda commence à s'intéresser au Plan Nord du gouvernement québécois. L'entreprise a récemment ouvert un bureau à Amos, en Abitibi, en plus d'ajouter du personnel à ceux de Val-d'Or et de Sept-Îles. Garda connaît le potentiel du développement des ressources naturelles: elle tire des revenus annuels de 100 millions $ du secteur des hydrocarbures en Alberta.

Garda est l'une des plus importantes firmes de sécurité au monde derrière la britannique G4S, la suédoise Securitas, l'espagnole Prosegur et l'américaine Brinks. Au cours de l'exercice qui a pris fin le 31 janvier, l'entreprise a enregistré des profits nets de 21,6 millions $ sur des revenus de 1,2 milliard $.

Outre les aéroports et le transport de valeurs, Garda est présente dans le secteur du gardiennage au Canada et de la sécurité en Irak, en Afghanistan, en Libye et au Yémen. Dans ces pays, l'entreprise est notamment responsable de la surveillance d'installations pétrolières et d'ambassades occidentales.

En fin d'après-midi, vendredi, l'action de Garda s'échangeait à 8,10 $, un cours inchangé par rapport à celui de clôture de la veille, à la Bourse de Toronto.

PLUS:pc