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24 Heures du Mans - Michelin et Dunlop, des pneus à toutes les sauces

15/06/2012 08:08 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Michelin et Dunlop vont fournir des pneus à 55 voitures sur les 56 engagées dans ces 24 Heures du Mans, des pneus de compétition fabriqués avec des cultures et des méthodes différentes mais le même objectif: gagner, au classement général ou dans l'une des quatre catégories.

Des résultats quasi-certains:

Michelin va probablement gagner pour la 21e fois au classement général, dont 15 d'affilée depuis 1998 inclus, l'année du dernier succès Porsche avec la fameuse GT1. Sans trop de risque, puisque le célèbre Bibendum auvergnat, vainqueur de la toute première édition en 1923, fournit des pneus aux six voitures hybrides favorites, soit les quatre Audi et les deux Toyota.

Dunlop va sûrement gagner en LMP2, la catégorie des petits prototypes dans laquelle le manufacturier britannique fournit l'intégralité des 20 concurrents, mais sans disposer d'un contrat de fournisseur unique. Ce sera plus difficile dans les autres catégories, avec un seul candidat sur 13 en LMP1, la Oak Pescarolo-Judd N.15, et deux Ferrari 458 en GT, la N.66 du JMW Motorsport en GTE-Pro et la N.57 du Krohn Racing en GTE-Am.

Des participants à combler:

Pour satisfaire ses 23 clients, un record depuis 1984, Dunlop a apporté 4500 pneus et va en rapporter la moitié à l'usine de Birmingham, après la course, parce qu'au Mans les conditions météo sont parfois changeantes et qu'il faut donc aussi des pneus intermédiaires et des pneus pluie, au cas où. Chez Michelin, pour 32 concurrents cette année, 5.800 pneus (soit 1.000 de moins que l'an dernier) ont été acheminés de Clermont-Ferrand, siège historique de la marque française, par 18 semi-remorques. Parmi ces pneus, des nouveaux Michelin à la mode, car "hybrides": ils ressemblent comme deux gouttes d'eau à des "slicks" (pour le sec) mais sont très efficaces sur piste humide ou même mouillée.

Des innovations à venir:

La Delta Wing américaine à moteur Nissan pour Michelin, avec deux fois moins de poids et de carburant consommé, une allure de fusée et des pneus très étroits à l'avant qui font penser à ceux d'une 2 CV ou d'une grosse moto. Le projet Green GT l'an prochain pour Dunlop, dans le 56e stand réservé par l'Automobile Club de l'Ouest (ACO) aux nouvelles technologies, avec un prototype suisse qui carbure à l'hydrogène et crache de la vapeur d'eau, équipé d'une pile à combustible. C'est l'avenir de l'automobile sur lequel travaillent déjà les deux manufacturiers, car ces deux voitures hors-normes posent des problèmes techniques nouveaux à des ingénieurs pourtant habitués à résoudre des équations presque insolubles entre performance, longévité et sécurité, pression, vitesse et usure.

Le seul autre manufacturier de pneus présent en 2012 au Mans est italien, avec des Pirelli montés sur la Porsche N.55 de l'écurie britannique JWA-Avila. Au fait, pour monter un pneu de compétition sous le chapiteau jaune de Dunlop Motorsport, le gonfler, l'équilibrer et le livrer à un client, il ne faut que 45 secondes. C'est beaucoup plus rapide qu'en 1923, lors de l'édition inaugurale des 24 Heures du Mans. C'est le progrès.

dlo/jgu

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