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Volvo Ocean Race (8e étape) - Groupama 4 en tête, rush de folie sur Lorient

14/06/2012 02:20 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

Les six voiliers de la Volvo Ocean Race, le leader français du classement général Groupama 4 (Franck Cammas) en tête, déboulaient jeudi à des vitesses hallucinantes vers Lorient (Morbihan), terme de la 8e et avant-dernière étape, propulsés par une violente dépression.

Les premiers concurrents sont attendus dans le port breton vendredi à la mi-journée.

Rarement des monocoques auront atteint de telles vitesses! Le voilier émirati Abu Dhabi (Ian Walker) a été flashé à 36,7 noeuds et le reste de la flotte a flirté avec les 30 noeuds toute la journée.

Les pieuses résolutions de modération affichées au départ de l'étape à Lisbonne ont manifestement volé en éclats et tous les équipages étaient à fond, à la limite du raisonnable.

Le record de distance sur 24 heures de cette 11e édition de la course autour du monde devrait être battu avant l'arrivée à Lorient. Avec 560 milles au compteur, Telefonica (Iker Martinez) tenait la corde en début d'après-midi.

Le record absolu est cependant toujours détenu par le VO70 Ericsson 4 lors de la précédente édition de la Volvo Ocean Race, avec 595,6 milles.

Illustration des conditions exceptionnellement dures rencontrées par la flotte, le safran tribord (droit) de Telefonica a cassé, obligeant l'équipage à ralentir à 5 noeuds pendant une heure pour mettre en place une "pelle" de secours.

La manoeuvre, déjà délicate par temps calme, a été extrêmement difficile à réaliser avec une mer formée et 25 à 30 noeuds de vent. Une fois le nouveau safran en place, Telefonica a repris comme les autres la course folle vers Lorient et pointait en 2e position à 19h00 heure française (17h00 GMT), à moins d'un mille de Groupama 4.

"C'est de la survie", avait déclaré le navigateur australien de Telefonica, Andrew Cape, avant la rupture du safran. "Le vent a un peu baissé ce (jeudi) matin, mais va rentrer à nouveau dans la journée, promettant un après-midi agité. On attend des vents de 30 à 40 noeuds".

"C'est limite", avait-il ajouté. "Il y a beaucoup d'eau sur le pont. C'est assez effrayant et assez inconfortable. Nous réduisons sans arrêt la voilure. Et on essaie des trucs pour étaler la violence des conditions de navigation".

La flotte devait empanner (virer de bord vent arrière) en fin d'après-midi pour se recaler dans l'axe de Lorient. La manoeuvre promettait d'être délicate compte tenu de l'état de la mer et du vent, mais elle aura le mérite de s'effectuer à la lumière du jour.

Rien à voir avec ce qu'a accompli le Néo-Zélandais Brad Marsh la nuit dernière, perché pendant près de deux heures à 30 mètres au-dessus du pont de Groupama 4 pour débloquer la grand-voile coincée en tête de mât au moment de prendre un ris.

"Le tout à 20 noeuds dans une mer formée", a expliqué l'équipier media de Groupama 4 Yann Riou. "Pour vous donner une idée, dans ces conditions, c'est déjà compliqué de rester debout sur le pont. Alors en l'air avec 30 mètres de bras de levier! Je ne comprends même pas comment il a fait! Si vous cherchez le héros du jour, il est là!"

heg/eb

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