Le groupe électro-rap français débarque en ville pour faire sauter les Francofous en première partie du concert de Radio Radio, jeudi soir, 21 h, au Métropolis. Ils seront de plus à l'affiche avec le duo Orange Orange, vendredi en fin de soirée. Autour d'une bière, rencontre avec les allumés Lorent-Idir Ardouvin, François-Djemel Ardouvin (le frère jumeau de l'autre) et Patrick Biyik, qui forment Twin Twin, une formation iconoclaste qui fait plaisir à rencontrer.

En quelques années d'existence, Twin Twin a joué de nombreuses premières parties en France pour des artistes et groupes variés de renom (Ben l'Oncle Soul, Philippe Katherine, la chanteuse Zaz). Trimbalant un EP depuis un certain moment, les gars découverts en 2009 par Marie Audigier (ODJ Music) sortiront prochainement un premier long jeu chez Warner qu'ils qualifient eux-mêmes de moderne, « phat » et « bien mieux réalisé ». Cette fois-ci, ils auraient eu les moyens de leurs ambitions...

« Ce son années '80, électro, hip hop qu'on propose actuellement a été revisité pour l'album à venir. Pour l'instant, les gens pourront entendre de nouveaux textes, mais sur un son qui appartient toujours à cette période que nous appelons saison 1 », raconte François-Djemel. L'autre s'en vient à grand pas.

À l'écoute de leur EP, on réalise rapidement que Twin Twin ne manque pas d'audace.

Très énergique, leur musique « catchy » et truffée d'échantillonages (François-Djemel, à la basse, est aussi responsable de la programmation) est bonifiée par le groove de la guitare électrique de Lorent et des « beatbox » de Patrick. Ce n'est pas parfait, mais il semblerait de toute façon que le trio a fait des pas de géant depuis la parution de ce mini-disque.

Identité graphique

Ils sont déjantés et adorent la scène, source de motivation importante de leur création. En fait, leur travail serait en grande partie tributaire de ce qu'ils vivent sur scène : « notre identité a une forte image graphique. Notre, look, nos costumes, nos apparitions en général, tout ce qu'on fait visuellement est capital [...] Voilà pourquoi nous réalisons nous-mêmes nos clips », explique François-Djemel.

« On aime aussi provoquer un peu, tout en restant dans la limite du goût. En France, on qualifie souvent notre style de "street rock", qui s'inspire de la fête et de la vie dans la rue », continue-t-il sortant d'un sac une salopette noire qu'il s'est magasinée le jour même pour le concert de vendredi. « Je pense que je vais ajouter une casquette rose fluo. Je ne suis pas encore certain, mais ça peut l'faire... »

Côté écriture et composition, la grande part du boulot revient à Lorent-Idir, « l'intellectuel » avoué du trio. Ce dernier à même faire paraître un roman en France chez une maison d'édition reconnue : « On aime les thèmes universels comme la solitude, l'amour, le cinéma, l'ailleurs ou encore les sujets engagés dans le sens humain. »

« Tout ceci dans une présentation qui marie la forme et le contenu », précise son frère.

Danseurs depuis leur jeune âge, les deux frères (ils ont suivi des formations), promettent toute une ambiance. « Patrick, lui, danse comme un pro. Peut-être parce qu'il est black. Je ne sais pas. Mais en tout cas, il a ça dans le sang », lance François-Djemel.

Pour réchauffer la foule avant Radio Radio, les trois sympathiques comparses s'avèrent un choix judicieux. En théorie du moins. La preuve reste à faire, mais nous avons déjà une petite idée du résultat. Genre de performance givrée à la frontière du collectif québécois Alaclair Ensemble et du duo montréalais Artist of the Year.