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Tunisie: l'ex-président Ben Ali condamné à la perpétuité

14/06/2012 06:33 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - L'ancien président de Tunisie Zine el Abidine ben Ali a été condamné par contumace à la prison à perpétuité par le tribunal militaire du Kef (nord-ouest) pour son implication dans la répression sanglante dans les villes du centre du pays, selon l'agence officielle TAP. Le procureur avait requis la peine capitale.

Outre l'ex-chef de l'État, quelque 22 hauts responsables sécuritaires étaient poursuivis dans l'affaire de Thala et Kasserine, deux villes qui ont enregistré 22 morts et des centaines de blessés le 7 janvier 2011 lors du soulèvement populaire qui a abouti à la chute du régime autoritaire en place depuis 23 ans.

Les co-accusés, jugés en état d'arrestation, ont écopé de peines allant jusqu'à 15 ans de réclusion mercredi. Parmi eux figure l'ancien ministre de l'Intérieur Rafik Belhaj Kacem, condamné à 12 ans de prison. La peine la plus lourde a échu à l'ex-chef du poste de police de Kasserine, Wissem Ouertani.

En revanche, l'ex-chef de la sécurité présidentielle, Ali Sériati, un autre ministre de l'Intérieur, Ahmed Friaâ, et sept cadres sécuritaires ont été acquittés.

Le verdict a été accueilli avec colère par les familles des victimes. Des cris se sont aussitôt élevés dans la salle d'audience appelant à la «vengeance». Un des avocats de la partie civile a dénoncé «un jugement injuste», qualifiant les peines de «légères».

C'était le deuxième verdict prononcé en 24 heures à l'encontre de Zine el Abidine ben Ali, parti en exil en Arabie saoudite le 14 janvier 2011 sous la pression de la rue. Mardi, le tribunal militaire de Tunis l'avait condamné à 20 ans de prison pour «incitation de la population à s'entre-tuer» dans l'affaire de Ouardine, localité du centre tunisien dans laquelle quatre personnes ont été tuées par balles dans des émeutes au lendemain de la chute du régime.

Ben Ali avait auparavant totalisé 66 ans de prison dans plusieurs procès civils, notamment pour «abus de pouvoir, malversations et trafic de drogue».

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