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Tunisie: le mouvement radical Ansar Al Charia renonce à manifester

14/06/2012 02:16 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

Ansar Al Charia, la branche la plus radicale de la mouvance salafiste tunisienne, a annoncé jeudi soir sa décision d'"annuler les manifestations prévues vendredi" pour la défense des "valeurs du sacré", quelques heures après l'interdiction de toute marche par le gouvernement.

"Après concertation de nos frères dans toutes les régions du pays et l'examen de la situation, Ansar Al Charia a décidé d'annuler les manifestations de vendredi", indique le texte posté sur la page facebook du mouvement dirigé par l'ex-jihadiste Abou Iyadh.

"Nous appelons tous nos frères à comprendre cette décision et à ne pas se laisser entraîner par leurs émotions", poursuit le texte.

Le mouvement islamiste Hizb Ettahrir, qui avait aussi appelé à manifester, a également renoncé à manifester.

"Il n'y aura pas de manifestation demain", a déclaré à l'AFP Ridha Belhaj, porte-parole de ce mouvement qui prône l'application de la charia et la restauration du califat.

"En revanche, il y aura un rassemblement à la Kasbah (place du siège du gouvernement) où nous expliquerons nos positions", a-t-il déclaré, précisant que "toutes les tendances" islamistes seraient présentes.

Plusieurs groupes de la mouvance salafiste ont lancé depuis le début de la semaine des appels à manifester à travers le pays après la grande prière du vendredi, pour dénoncer les "atteintes aux valeurs du sacré" contenues selon eux dans des oeuvres exposées la semaine dernière à La Marsa, banlieue nord aisée de Tunis.

L'exposition, cible d'attaque par des salafistes présumés dimanche dernier, a servi de détonateur à une flambée de violences lundi et mardi qui a fait un mort et plus de 100 blessés dans tout le pays.

En réponse à ces violences, le gouvernement tunisien a rétabli mardi un couvre-feu, pour la première fois depuis mai 2011 à Tunis, et le ministère de l'Intérieur a annoncé jeudi l'interdiction de toute manifestation vendredi, évoquant des "appels à la violence".

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