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Rues désertes et bâtiments détruits dans la ville syrienne de Haffé

14/06/2012 11:21 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

La ville syrienne de Haffé, où une équipe d'observateurs de l'ONU s'est rendue jeudi après plusieurs jours de pilonnage et de combats, était vidée de ses habitants et ses bâtiments publics réduits à des gravats.

"Un forte odeur de mort était dans l'air. La plupart des bâtiments gouvernementaux, y compris la poste, ont été incendiés de l'intérieur", écrit la Mission d'observation de l'ONU dans un communiqué.

"Les archives ont été brûlées, les magasins pillés et incendiés et des maisons apparaissaient avoir été fouillées avec les portes laissées ouvertes. Et il semble que des combats se déroulaient encore dans certains secteurs de la ville", selon le texte.

"Le QG du parti Baas au pouvoir a été bombardé et semble avoir été le théâtre de violents combats. Des restes d'armes lourdes ont été trouvées dans la ville" et "des véhicules, civils et militaires ont été incendiés", ajouté le communiqué.

Selon un correspondant de l'AFP voyageant avec l'équipe de huit membres de l'ONU, les bâtiments relevant de la municipalité, dont celui du département de l'eau et le siège du tribunal, de même que plusieurs magasins et voitures ont été incendiés.

Les rares signes de vie dans les rues étaient quelques propriétaires de magasins qui tentaient de déblayer les gravats et de réparer les dégâts dans cette ville située dans la province côtière de Lattaquié (nord-ouest).

La plupart des graffitis anti-régime ont été couverts par de la peinture noire, même si un verset du Coran était toujours visible sur la façade d'un immeuble.

"Si vous revenez, nous reviendrons aussi", proclamait une inscription probablement écrite par les rebelles avant d'évacuer la ville soumise pendant huit jours à un bombardement intensif de l'armée du régime de Bachar al-Assad.

L'entrée de la ville est désormais gardée par les soldats de l'armée régulière, postés à un barrage.

"La délégation des observateurs a visité aujourd'hui Haffé", a déclaré à l'AFP Susan Ghosheh, porte-parole de l'ONU. Cela faisait une semaine que les observateurs chargés de surveiller l'application d'un cessez-le-feu complètement ignoré essayaient de se rendre dans cette localité.

La télévision d'Etat a pour sa part assuré que les observateurs s'étaient rendus dans la région pour "inspecter le vandalisme et la destruction causés par les terroristes".

L'ONU et les Etats-Unis avaient réclamé un accès à Haffé, redoutant un nouveau massacre, alors que les forces gouvernementales pilonnaient la région depuis le 5 juin, parallèlement à des combats entre soldats et rebelles qui ont fait des centaines de morts et de blessés.

Mardi, une équipe d'observateurs qui tentait de se rendre à Haffé avait essuyé des tirs dans un village voisin partisan de M. Assad, selon l'ONU.

Mercredi, les autorités syriennes avaient annoncé un retour au calme à Haffé, "purgée des groupes terroristes armés qui ont agressé ses citoyens". L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait pour sa part évoqué un repli stratégique des rebelles de Haffé et des villages environnants pour épargner les civils.

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