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Nouvelles accusations de corruption aux Etats-Unis visant Teodorin Obiang

14/06/2012 01:22 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

Le département américain de la Justice (DOJ) a formulé de nouvelles accusations de corruption contre le fils du président de Guinée Equatoriale, Teodorin Obiang, le soupçonnant d'avoir exigé le paiement de taxes de la part d'entreprises, et de détournement de fonds publics.

Ces accusations sont détaillées dans une plainte amendée du DOJ dont une copie a été consultée à Paris par l'AFP et datée du 11 juin. Cette plainte a été déposée en Californie par le DOJ qui cherche à obtenir la saisie de biens, sur le sol américain, du fils du président équato-guinéen, soupçonnés d'être le produit d'infractions de corruption.

Le ministère affirme ainsi que M. Obiang, longtemps ministre des Forêts, exigeait de compagnies forestières qu'elles lui versent personnellement des fonds pour obtenir des licences d'exportation de bois ou pour exploiter certaines forêts du pays dans les années 90.

Selon la plainte, M. Obiang a détourné des fonds publics "en recevant des dizaines de millions de dollars obtenus grâce au gonflement frauduleux de contrats de construction".

Le DOJ affirme également que des fonds publics du ministère des Forêts sont cantonnés depuis au moins 2005 dans un compte séparé, ouvert dans une banque privée, et dont personne ne peut contrôler l'usage.

M. Obiang a par ailleurs dépensé plus de 300 millions de dollars pour acquérir des biens sur quatre continents (Amérique du Nord et du Sud, Europe, Afrique) entre 2000 et 2011, un montant bien supérieur à ses revenus et à ceux des deux sociétés qu'il affirme posséder, indique la plainte.

Le DOJ évoque par exemple l'achat en France en 2000 de voitures de luxe pour un montant d'environ 857.000 dollars, dont une Aston Martin et une Ferrari, sans aucun recours à l'emprunt.

Ces accusations interviennent alors que plusieurs procédures judiciaires pour blanchiment et corruption visant M. Obiang sont en cours aux Etats-Unis et en France.

Le fils du président équato-guinéen a été nommé fin mai 2e vice-président chargé de la Défense et de la Sécurité.

En France, le parquet a donné son feu vert en avril au lancement d'un mandat d'arrêt contre Teodorin Obiang, demandé par les juges chargés de l'enquête, qui le soupçonnent de blanchiment de détournement de fonds publics étrangers.

Une spectaculaire perquisition a été effectuée pendant dix jours en février dans un hôtel particulier parisien dans lequel ont été saisis 200 m3 de biens de valeur.

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