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Les manifestations interdites vendredi en Tunisie

14/06/2012 01:05 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Le ministère tunisien de l'Intérieur a déclaré jeudi qu'aucune manifestation ne serait autorisée vendredi, alors que des partis islamistes modérés et salafistes plus radicaux appellent à des rassemblements dans tout le pays pour dénoncer des «atteintes aux valeurs sacrées».

Le ministère «appelle les citoyens au calme» et souligne dans un communiqué sa détermination à «préserver la sécurité et à intervenir efficacement, dans le cadre de la loi, contre toute agression visant les personnes et les biens publics et privés».

Joint au téléphone par l'Associated Press, un responsable de la communication du ministère, Lotfi Hidouri, a affirmé que des appels à la violence circulaient depuis deux jours sur les réseaux sociaux d'Internet.

Depuis plusieurs jours, le chef du «Hizb Ettahrir», une formation islamiste radicale non reconnue, Ridha, relayé par des dirigeants de courants salafistes djihadistes Abou Yadh et Abou Ayoub, lancent des appels à des marches dans les différentes régions du pays après la grande prière du vendredi.

Jeudi, Rached Ghannouchi, leader du mouvement islamiste Ennahdha au pouvoir, a à son tour appelé à «des manifestations pacifiques», mais M. Hidouri a rappelé qu'une autorisation devait être demandée 72 heures avant.

Le gouvernement a décrété un couvre-feu temporaire mardi à Tunis (nord-est) et dans plusieurs régions de l'intérieur du pays à la suite de manifestations violentes depuis dimanche contre une exposition de peinture à La Marsa, jugée blasphématoire par les islamistes.

Les présidents de la République, de l'Assemblée constituante et du gouvernement ont accusé «des groupes extrémistes» de «menacer les libertés en Tunisie».

La présidente du Parti républicain Al Joumhouri, Maya Jribi, a dénoncé «une atmosphère de terrorisme» et fait état de menaces proférées contre un dirigeant de cette formation, Me Néjib Chebbi, une figure de proue de l'opposition au régime totalitaire tombé en janvier 2011 sous la pression de la rue. L'ancien président Zine el Abidine ben Ali est parti en exil en Arabie saoudite après 23 ans de règne.

Par ailleurs, contacté par l'Associated Press, le journaliste dissident Taoufik ben Brik a démenti la rumeur de son décès mais affirmé avoir reçu des menaces de mort visant également son frère, Jalel ben Brik.

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