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Les chefs d'Etat renversés par le Printemps arabe

14/06/2012 09:00 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

Les révoltes dans les pays arabes ont chassé du pouvoir quatre chefs d'Etat dont deux ont été condamnés par la justice tandis qu'un troisième a cédé le pouvoir en échange d'une immunité. Le quatrième est mort lors de sa capture.

ZINE EL ABIDINE BEN ALI

Le 13 juin, l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali (75 ans) a été condamné par contumace par un tribunal militaire tunisien à la prison à perpétuité pour son rôle dans la répression meurtrière de la révolte à Thala et Kasserine (centre) en janvier 2011.

Le même jour, un autre tribunal militaire a condamné M. Ben Ali à 20 ans de prison pour "incitation au désordre, meurtres et pillages sur le territoire tunisien".

Contesté dans la rue depuis la mi-décembre 2010, l'ancien président s'est réfugié en Arabie saoudite le 14 janvier 2011, après 23 années au pouvoir.

Il a déjà cumulé au civil des condamnations à 66 ans de prison, pour détournements de fonds, trafic de drogue ou encore abus de biens publics. Il fait l'objet avec son épouse Leïla Trabelsi d'un mandat d'arrêt international, mais l'Arabie saoudite n'a pas répondu jusqu'à présent aux demandes tunisiennes d'extradition.

HOSNI MOUBARAK

Le 2 juin, l'ex-président égyptien Hosni Moubarak (84 ans) a été condamné à la prison à vie pour la mort de manifestants durant la révolte de janvier/février 2011 qui a provoqué sa chute et dont le bilan officiel est d'environ 850 morts.

M. Moubarak avait démissionné le 11 février 2011, au 18e jour d'une révolte populaire, et remis à l'armée les pouvoirs qu'il détenait depuis près de 30 ans.

Détenu jusqu'alors dans un hôpital militaire, l'ancien président égyptien a été incarcéré après sa condamnation, mais des sources des services de sécurité ont fait état d'une dégradation de son état de santé, avec des difficultés respiratoires et de l'hypertension.

Le 9 juillet, ses deux fils Gamal et Alaa, également détenus, doivent à nouveau comparaître dans un nouveau procès pour corruption.

ALI ABDALLAH SALEH

Le 27 février, l'ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh (70 ans) a cédé le pouvoir après un an de manifestations et de violences qui ont fait des centaines de morts, en échange d'une immunité pour lui-même et pour ses proches.

Après 33 ans à la tête du Yémen, M. Saleh a cédé ses prérogatives au vice-président Abd Rabbou Mansour Hadi. Conformément à un accord de transition élaboré par les monarchies du Golfe, ce dernier a organisé une élection présidentielle qu'il a remportée, comme candidat unique.

MOUAMMAR KADHAFI

Le 20 octobre 2011, après 42 ans d'un règne sans partage, l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi (69 ans) a été tué peu après sa capture par les forces du nouveau régime, près de Syrte (360 km à l'est de Tripoli). Il était en fuite depuis la chute de Tripoli fin août 2011.

Son fils le plus en vue, Seif al-Islam, a été arrêté le 19 novembre dans le sud de la Libye. Il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes contre l'humanité durant la révolution mais Tripoli veut qu'il soit jugé en Libye et refuse de le livrer à la cour internationale.

Les autres enfants de Kadhafi sont morts, ou réfugiés en Algérie ou au Niger.

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