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L'ecstasy «pure» peut être sécuritaire si consommée prudemment, dit un expert

14/06/2012 01:27 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

VANCOUVER - L'ecstasy «pure» peut être sécuritaire si elle est consommée prudemment par des adultes, affirme le responsable de la santé publique de la Colombie-Britannique.

Des policiers de cette province et de l'Alberta ont récemment prévenu des dangers associés à cette drogue illicite, dans la foulée de plusieurs décès.

Le docteur Perry Kendall prétend que les risques associés à la méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA) — la substance pure qui était auparavant synonyme d'ecstasy — sont exagérés, et qu'elle ne devient mortelle que lorsqu'elle est modifiée par des criminels qui cherchent à s'enrichir.

Le docteur Kendall suggère donc que les risques de l'ecstasy provenant du marché noir pourraient être réduits, par exemple en légalisant la substance et en régissant sa vente potentielle dans des centres gouvernementaux où le produit est réglementé de la chaîne de production à la vente.

Il insiste toutefois pour dire qu'il ne prône pas la légalisation de la MDMA, du moins pas sans instaurer de strictes mesures de contrôle. Il entrevoit aussi l'utilisation de la substance dans un contexte médical, puisque la MDMA pourrait avoir des implications dans la lutte contre le syndrome post-traumatique.

Tout comme les partisans de la légalisation de la marijuana, le docteur Kendall croit que l'élimination du marché illicite de l'ecstasy et de la violence qui y est associée nécessite une approche scientifique orchestrée autour de la santé publique.

«(Si) on connaissait la dose sécuritaire, on pourrait acheter de l'ecstasy comme on achète de l'alcool dans un commerce encadré par le gouvernement», a-t-il expliqué, avant d'ajouter qu'une telle approche pourrait entraîner une réduction de la mortalité.

Plusieurs études, dont une réalisée par un psychiatre de l'université Harvard, en viennent à la conclusion que la MDMA n'est pas aussi menaçante qu'on pourrait le croire.

Le docteur Kendall a répété croire que l'ecstasy peut être consommée en toute sécurité.

«Absolument, a-t-il dit. Nous acceptons le fait que l'alcool, même s'il est dangereux de par sa nature même, est un produit auquel tous ont accès au-delà d'un certain âge. Je ne pense donc pas que ce soit un problème technique, quant à savoir comment on gérerait la situation. C'est un problème politique, une question de perceptions.»

Au moins 16 personnes sont décédées depuis le mois de juillet dernier après avoir obtenu de l'ecstasy contaminée de revendeurs, la seule manière d'obtenir le produit au Canada.

La littérature médicale explique que la MDMA inonde le cerveau de sérotonine, un produit chimique naturel qui rehausse les sentiments de bonheur, de sociabilité et d'intimité. Le Centre for Addiction and Mental Health de Toronto prévient de son côté que différents consommateurs pourront réagir différemment au produit, les effets secondaires potentiels incluant une hausse de la pression artérielle et du rythme cardiaque, des nausées, des vomissements et des convulsions — même lors de la prise de faibles doses.

Les décès causés par l'ecstasy sont souvent attribuables à la déshydratation ou au coup de chaleur qui peuvent se produire quand les adolescents avalent un comprimé avant de danser toute la nuit.

La communauté médicale convient généralement que la MDMA ne cause pas de dépendance. De plus, des études plus récentes portent à croire que les effets négatifs associés de longue date au produit ont été exagérés.

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