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Le père de Merah a construit une "fable" sur la mort de son fils (famille de victimes)

14/06/2012 02:29 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

Le père de Mohamed Merah a bâti "une fable sur la mort de son fils" en déposant une plainte "fantaisiste" et "douteuse" pour meurtre contre la police française, ont accusé jeudi auprès de l'AFP les avocats d'une famille de victimes juives du jihadiste français présumé.

"Le père de Mohamed Merah a décidé de construire une fable sur la mort de son fils en instrumentalisant la justice au moyen d'une plainte qui est à ce jour fantaisiste et en tout cas, douteuse tant sur ses buts que sur ses fondements", ont estimé Mes Patrick Klugman et Ariel Goldmann.

Ces avocats représentent la famille de Jonathan Sandler, assassiné avec ses deux enfants à l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse (sud-ouest) le 19 mars. Une autre petite fille juive avait été assassinée ce jour-là, après trois parachutistes, tués les 11 et 15 mars à Toulouse et Montauban.

"Nous regrettons que ses avocats (ndlr: du père Merah) aient choisi de se répandre dans les médias plutôt que de verser les pièces qu'ils prétendent détenir", ont-ils ajouté.

Mohamed Benalel Merah, qui vit en Algérie, a déposé plainte lundi pour "meurtre" contre la hiérarchie de la police ayant donné l'ordre de lancer l'assaut qui a tué son fils le 22 mars.

Son avocate algérienne, Me Zahia Mokhtari, et sa consoeur française Isabelle Coutant-Peyre, ont joint à l'appui de cette plainte une retranscription partielle de vidéos que le jeune homme aurait filmées pendant le siège de son domicile.

Ces vidéos n'avait toujours pas été rendues publiques ou remises à la justice française jeudi. L'AFP à Alger a tenté à plusieurs reprises de contacter Me Mokhtari, qui était injoignable.

Après avoir demandé de visionner ces vidéos, la justice française a exprimé ses doutes mercredi sur leur existence même, soulignant des "incohérences factuelles majeures" entre les accusations formulées par le père dans sa plainte et les éléments de l'enquête en cours.

Le parquet de Paris a notamment relevé qu'aucun téléphone susceptible d'avoir permis l'enregistrement d'images n'avait été retrouvé dans l'appartement où Merah s'était retranché, une affirmation également formulée jeudi par l'ex-ministre de l'Intérieur, Claude Guéant.

"Si des vidéos existent, elles doivent être remises à la justice sans délais et non pas commentées", ont demandé Mes Klugman et Goldmann. "Nous demandons à chacun de respecter la douleur de ceux qui ont souffert et qui souffrent, mais également la justice, son indépendance et sa sérénité".

"Mohamed Merah, jusqu'à preuve du contraire, n'est pas une victime, mais un assassin et un terroriste mort du fait d'agissements criminels. Il ne peut être confondu avec ceux qu'il a assassinés ou tenté d'assassiner", ont-ils poursuivi.

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