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Le ministre soudanais des Finances évoque "un Etat en banqueroute"

14/06/2012 10:33 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

Le ministre soudanais des Finances a évoqué "un Etat en banqueroute" pour justifier les mesures d'austérité prévues par les autorités, y compris une levée des subventions sur l'essence, selon les médias locaux jeudi.

"Les procédures économiques (en préparation...), dont la levée des subventions sur l'essence et l'augmentation des prix, sont le résultat d'un Etat en banqueroute", a déclaré mercredi Ali Mahmoud al-Rassoul, selon un enregistrement de son discours devant le Parlement.

Les difficultés de l'économie -inflation, dette et dévalorisation constante de la monnaie nationale- se sont intensifiées avec la perte d'une grande partie des revenus pétroliers lorsque le Soudan du Sud a hérité des trois quarts des réserves de brut lors de la partition en 2011.

L'inflation a atteint 30,4% en mai, encore plus que les 28,6% d'avril, selon des statistiques officielles. Pour les denrées alimentaires seules, l'inflation sur un mois a été de 9,6%.

Les combats au Darfour (ouest) ainsi qu'au Kordofan-Sud et au Nil Bleu, deux régions frontalières du Sud où Khartoum lutte contre une rébellion armée, de même que les sanctions américaines imposées depuis 1997 pèsent également lourd sur les finances du pays.

Face à l'urgence, Khartoum envisage désormais de lever les subventions sur l'essence, même si des économistes et des membres du Parti du congrès national, au pouvoir, redoutent les conséquences d'une telle mesure pour les plus pauvres, déjà très nombreux.

Pour faire des économies, les autorités envisagent aussi de réduire le nombre de ministères, voire de dissoudre les assemblées législatives des Etats fédéraux.

Le Soudan cherche aussi à diversifier son économie pour compenser la perte des revenus pétroliers, en relançant ses secteurs traditionnels comme l'agriculture.

Mais M. Rassoul a reconnu l'échec de cette stratégie: "Le secteur de l'agriculture ne s'est pas développé car le taux d'imposition (sur les produits agricoles) est d'environ 30%, ce qui empêche notre production d'être compétitive avec celle des autres pays".

Pour Mohamed el-Jak, professeur d'économie à l'Université de Khartoum, cette absence de développement agricole résulte surtout de longues années de négligence qui ont provoqué "l'effondrement total" d'un secteur autrefois prospère. "Il faudra beaucoup de temps pour que le secteur s'améliore et recommence à contribuer à la richesse nationale".

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