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La justice égyptienne valide la candidature de Chafiq à la présidentielle

14/06/2012 09:46 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

La justice égyptienne a maintenu jeudi la candidature à la présidence du dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq, et déclaré que le Parlement actuel à majorité islamiste avait été élu dans des conditions "illégales".

Ces décisions cruciales de la Haute cour constitutionnelle ont été annoncées à deux jours du second tour de la présidentielle samedi et dimanche, où M. Chafiq doit affronter le Frère musulman Mohammed Morsi dans un climat de vives tensions politiques.

La cour a invalidé une loi, adoptée par le Parlement dominé par les islamistes, qui interdisait aux piliers du régime déchu -comme M. Chafiq- de se présenter.

Elle a dans le même temps ouvert la voie à une possible dissolution ou neutralisation du Parlement, en jugeant "illégales" les conditions d'élection de l'ensemble des députés, et "illégitime" la composition de l'Assemblée.

Le bâtiment de la cour, dans le sud du Caire, a été placé sous forte protection de l'armée en raison des enjeux politiques et de la sensibilité de ces décisions.

"Cela veut dire que la révolution est finie", s'est exclamé un manifestant venu protester contre le maintien dans la course d'un ancien proche de M. Moubarak, accusé par ses détracteurs d'être le favori du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays depuis la chute de l'ancien président en février 2011.

"On ne veut plus des fouloul", ont scandé des manifestants, utilisant ce terme péjoratif pour désigner les "restes" de l'ancien régime.

La loi invalidée avait été adoptée en avril par le Parlement puis ratifié par le Conseil militaire, mais la commission électorale avait décidé de renvoyer le texte devant la Haute cour constitutionnelle, permettant ainsi à M. Chafiq de se présenter à la présidentielle en attendant son arrêt.

Une disposition de cette législation interdit à notamment "tout président de la République, vice-président, Premier ministre" d'exercer des droits politiques pendant dix ans. La loi concerne les personnes ayant occupé un de ces postes pendant les dix années précédant le 11 février 2011, date de la démission sous la pression populaire de M. Moubarak.

M. Chafiq s'est réjoui, au cours d'un meeting électoral, du "jugement historique" rendu par la cour constitutionnelle.

Ancien commandant de l'armée de l'air puis ministre de l'Aviation civile sous M. Moubarak, M. Chafiq, 70 ans, avait été nommé à la tête du gouvernement juste avant le départ de l'ancien président.

Ses adversaires estiment que son élection ruinerait les espoirs de démocratisation ouverts par la révolte anti-Moubarak.

M. Chafiq a fait campagne sur le thème de la sécurité et la stabilité, et promis qu'il n'y "aurait pas de retour" à l'ancien régime.

La cour a d'autre part déclaré que la loi régissant les dernières élections législatives était invalide pour le tiers des sièges attribués au scrutin uninominal -les autres l'ont été au scrutin de listes.

L'agence officielle Mena, citant les attendus du jugement, a toutefois annoncé que l'ensemble du processus d'élection des députés était de fait "illégal" et la composition de la chambre "entièrement illégitime".

Les législatives, qui se sont étalées de novembre à février, ont débouché sur une Assemblée du peuple de 508 membres composée pour près de la moitié de Frères musulmans et pour près d'un quart de fondamentalistes salafistes.

Selon des sources militaires, le CSFA se trouvait jeudi après-midi en réunion extraordinaire et pourrait annoncer qu'il reprendrait le pouvoir législatif jusqu'à de nouvelles législatives.

L'annonce de ces décisions intervient dans un contexte tendu, comme en témoigne la décision mercredi de rendre à la police militaire et aux services de renseignement de l'armée le pouvoir d'arrêter des civils.

Cette possibilité avait été levée le 31 mai avec la fin de l'état d'urgence, en vigueur depuis 1981.

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