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La justice égyptienne ordonne la dissolution du Parlement

14/06/2012 09:19 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - La Cour suprême constitutionnelle égyptienne dont les juges ont été nommés par l'ancien président Hosni Moubarak a ordonné jeudi la dissolution du Parlement à majorité islamique, estimant que la loi encadrant les élections parlementaires organisées il y a six mois était anticonstitutionnelle.

Cette loi n'était pas basée sur «des motifs objectifs» et «constitue une violation du principe d'égalité», menant à une discrimination sur des «raisons illogiques» a statué la Cour.

Ce jugement laisse la place à un possible retour au pouvoir des partisans de l'ancien régime et aux militaires. Le pays se retrouve donc sans gouvernement, entre les mains des généraux qui ont pris la relève après le départ de Moubarak. Ce geste de la Cour suprême constitutionnelle a pour effet d'annuler les progrès réalisés à la suite des manifestations de l'an dernier.

Un tiers des députés auraient été élus illégalement selon la Cour, et donc «la composition de toute la chambre est illégale, en conséquence, elle ne peut pas légalement être maintenue», a expliqué la Cour suprême dans sa décision, rapportée par l'agence de presse officielle égyptienne, et confirmée par un juge à l'AP. Cela entraîne l'organisation de nouvelles élections.

D'après la décision de la justice égyptienne, le principe d'égalité n'avait pas été respecté par certains partis qui ont présenté des candidats au tiers des sièges réservés aux indépendants.

D'autre part, la Cour suprême a invalidé la loi qui interdisait aux figures du régime Moubarak de briguer un mandat, ce qui permet au dernier premier ministre d'Hosni Moubarak, Ahmed Shafiq, de participer au deuxième tour de la présidentielle samedi et dimanche prochains contre le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi.

La décision a été perçue par les fondamentalistes musulmans comme un soufflet. L'un d'entre eux a qualifié ces décisions de coup d'État au plein sens du terme. Ils ont appelé à une manifestation publique contre Ahmed Shafiq.

Des centaines de personnes s'étaient rassemblées à la place Tahir, au Caire, après la diffusion de la nouvelle, toutefois le nombre des manifestants ne s'est pas multiplié en l'absence de directives en ce sens de la part des Frères musulmans.

Mohammed Morsi s'est dit malheureux des décisions de la Cour, mais il déclaré lors d'une conférence de presse jeudi qu'il les acceptait. «Il est de ma responsabilité comme futur président d'Égypte d'accepter les décisions de la Cour. Des millions d'électeurs vont se rendre aux bureaux de vote samedi et dimanche pour dire non au tyrans.»

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