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La Banque du Canada s'inquiète de l'impact de la crise européenne au Canada

14/06/2012 11:28 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - La Banque du Canada demeure préoccupée par le niveau élevé de l'endettement des ménages et par la surévaluation des propriétés au pays, prévenant que cela rend l'économie canadienne vulnérable à un éventuel choc financier en Europe.

La banque centrale a indiqué jeudi que, règle générale, une trop grande portion de la valeur nette des ménages canadiens était liée à la valeur immobilière, selon elle surestimée.

Dans sa livraison de juin de la Revue du système financier, la banque fait remarquer que certains segments du marché immobilier — comme les appartements en copropriété à Toronto — sont davantage susceptibles d'être frappés par une correction des prix, en raison d'une offre qui est systématiquement plus forte que la demande.

En tenant compte d'un scénario hypothétique, la Banque du Canada prévient qu'une hausse de trois pour cent du taux de chômage — similaire à celle constatée lors de la récente récession — triplerait le nombre des ménages endettés incapables de s'acquitter de leurs obligations financières.

Ce taux est actuellement d'environ 0,5 pour cent, mais il pourrait bondir à 1,5 pour cent, selon ce scénario.

Un choc financier affecterait également l'avoir net des Canadiens. La banque fait remarquer que l'immobilier représente aujourd'hui quelque 40 pour cent de l'avoir net des ménages canadiens, comparativement à 34 pour cent il y a 10 ans.

La banque centrale a publié son rapport à quelques jours de la tenue du sommet du G20, au Mexique, la semaine prochaine.

Dans le document, la Banque du Canada s'empresse de préciser qu'elle ne prédit pas une nouvelle crise comme celle qui a frappé en 2008, mais elle prévient qu'un éventuel effondrement déborderait des frontières européennes.

La banque conclut que les risques d'une crise financière européenne qui aurait un impact à travers le monde sont maintenant aussi élevés qu'ils l'étaient en décembre dernier.

«Les principales sources de risques planant sur la stabilité financière sont intimement liées entre elles et se renforcent mutuellement», a écrit la banque centrale dans son rapport.

«Si la crise de la dette souveraine en Europe continue de s'envenimer, elle pourrait entraîner un nouveau recul de la croissance mondiale ainsi qu'une perte d’appétit généralisée pour le risque, a-t-elle ajouté. À son tour, l'assombrissement des perspectives aggraverait les difficultés budgétaires des États et réduirait la qualité du crédit des portefeuilles de prêts des banques.

«Combinés, ces facteurs accentueraient la probabilité d’un choc négatif sur le revenu ou la richesse des ménages canadiens.»

En outre, un affaiblissement des perspectives de croissance alimenterait les attentes d'un maintien des taux d'intérêt à de bas niveaux, elles-mêmes susceptibles de causer une nouvelle érosion de la situation financière des sociétés d'assurance vie et des régimes de pension à prestations déterminées, et d'inciter les ménages canadiens à emprunter.

Ce que la Banque du Canada décrit est presque identique à ce qui s'est produit en 2008, alors que le monde a plongé dans la pire récession survenue depuis la Grande Dépression de 1929.

Au Canada, le ralentissement de l'économie a alors été atténué par un système bancaire solide et des mesures fiscales gouvernementales qui ont permis à Ottawa et aux provinces d'injecter quelque 60 milliards $ dans l'économie afin de la stimuler.

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