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Kirchner à l'ONU pour défendre les prétentions argentines sur les Malouines

14/06/2012 01:37 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

La présidente argentine Cristina Kirchner est arrivée jeudi à l'ONU pour défendre les revendications de son pays sur les îles Malouines, 30 ans après la fin de la guerre avec le Royaume-Uni pour la souveraineté de cet archipel de l'Atlantique Sud.

A son arrivée au siège de l'ONU, Mme Kirchner s'est d'abord entretenue avec Ban Ki-moon, son secrétaire général, qui, selon un communiqué de l'organisation, "est conscient du fort soutien" dont jouissent les revendications de l'Argentine en Amérique du Sud.

Cristina Kirchner devait ensuite prendre la parole au cours d'une réunion du Comité spécial de la décolonisation de l'ONU qui appelle régulièrement depuis 1965 le Royaume-Uni et l'Argentine à entamer des négociations sur la question de la souveraineté des Malouines. Mais le Royaume-Uni s'y refuse.

Les îles, situées au large de la Patagonie argentine, comptent quelque 3.000 habitants. Elles sont sous contrôle du Royaume-Uni depuis que ce pays en a chassé les autorités argentines en 1833, mais sont toujours revendiquées par Buenos Aires.

"La présence de la présidente Kirchner est historique. Aucun autre président n'avait encore participé à une réunion du Comité, et c'est très positif, car cela apporte de la crédibilité au système des Nations unies", a estimé le président du Comité, l'Equatorien Diego Morejon Pazmino.

Le séjour new-yorkais de Mme Kirchner intervient trente ans jour pour jour après la fin du conflit, le 14 juin 1982, qui avait vu la victoire des troupes britanniques sur l'Argentine, que le Premier ministre David Cameron commémorait jeudi à Londres.

La souveraineté de l'archipel est "absolument non négociable", a déclaré M. Cameron. Tout en soulignant que Londres "n'a aucune intention agressive" vis-à-vis du gouvernement argentin, il a estimé que "ce n'est pas une sorte de jeu de Monopoly, où les pays s'échangent un territoire. C'est aux habitants des îles à déterminer leur propre avenir".

Incidemment, il y a quelques jours, le gouvernement des Malouines a décidé d'organiser un référendum l'an prochain sur le statut des îles.

"96% des électeurs" pour le maintien du statut actuel

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Ces derniers mois, Cristina Kirchner a musclé son discours sur les Malouines. Elle a notamment pour elle la décision prise en décembre par le Brésil, l'Uruguay et le Chili d'interdire aux navires battant pavillon des Malouines de mouiller dans leurs ports, en signe de solidarité avec Buenos Aires.

L'envoi en mission pour six semaines dans les îles du prince William, pilote d'hélicoptère au sein de la Royal Air Force, puis d'un destroyer britannique, ont été vécus comme autant de provocations par l'Argentine. Buenos Aires a d'ailleurs déposé en février une plainte à l'ONU dénonçant la "militarisation" de la zone par Londres.

Face à l'arsenal diplomatique déployé par l'Argentine cette année, les insulaires ont décidé eux aussi de faire entendre leur voix à New York. Roger Edwards et Michael Summers, tous deux membres de l'Assemblée législative des Malouines, ont ouvert la séance du Comité de la décolonisation. L'Argentine, a souligné M. Edwards, "persiste dans ses tentatives de nier ses droits au peuple des Malouines".

Confirmant l'organisation du référendum l'an prochain, il a affirmé que "96% de l'électorat" souhaite maintenir le statut actuel de l'archipel.

mar/gde/lor

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