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L'ex-juge Jacques Delisle est déclaré coupable de meurtre au premier degré

14/06/2012 02:56 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT
PC

L'ex-juge Jacques Delisle a été trouvé coupable de meurtre au premier degré de sa femme Nicole Rainville par le jury, après deux jours de délibérations. Il prend immédiatement le chemin de la prison, puisqu'il est automatiquement condamné à une peine à perpétuité.

Au prononcé du verdict, l'ex-juge a pris sa tête entre ses mains et a prononcé le mot «ostie». Sa famille pleurait.

Après avoir entendu les instructions du juge Gagnon, les quatre femmes et huit hommes composant le jury avaient entamé mardi leur première journée de délibérations.

Mme Rainville est morte le 12 novembre 2009, à l'âge de 71, ans après avoir reçu une balle dans la tête, ce que son mari a présenté comme un suicide.

Mais une trace de noir de fumée et de poudre dans la main gauche de Mme Rainville, et le fait que M. Delisle entretenait une relation extra-conjugale avec son ancienne secrétaire, ont mené la Couronne à déposer des accusations.

La semaine dernière, le procureur de la Couronne, Steve Magnan, et l'avocat de la défense, Jacques Larochelle, avaient présenté leurs derniers arguments lors de leur plaidoirie.

Me Magnan a affirmé que M. Delisle avait maquillé le meurtre de sa femme en suicide, un geste commis afin d'aller vivre avec sa maîtresse sans avoir à affronter un coûteux divorce.

Selon la Couronne, Mme Rainville, paralysée du côté droit depuis un accident vasculaire cérébral, a tenté de se protéger d'un coup de feu tiré par une autre personne, ce qui a causé la tache noire dans sa main gauche, la seule valide.

Me Larochelle a pour sa part déclaré que cette tache aurait tout de même pu se retrouver là si Mme Rainville avait empoigné le pistolet de calibre .22 dans une position non conventionnelle, la crosse vers le haut, en raison de son état d'agitation au moment de s'enlever la vie.

La Couronne a fait entendre deux experts en balistique pour appuyer sa preuve, tandis que la défense en a convoqué un.

Des témoins pour la Couronne et la défense ont raconté que Mme Rainville tenait des propos suicidaires, en raison de la paralysie dont elle souffrait depuis 2007, ainsi que d'une fracture de la hanche survenue à l'été 2009, qui ont réduit sa qualité de vie et son autonomie.

Avec Presse canadienne