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Israël: un ministre évoque publiquement une attaque contre l'Iran

14/06/2012 02:00 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Le vice-Premier ministre israélien Moshé Yaalon a affirmé qu'il valait mieux pour Israël attaquer l'Iran plutôt que de laisser ce pays se doter de l'arme nucléaire, dans une interview publiée jeudi par le quotidien Haaretz.

"En aucune circonstance, Israël n'acceptera d'avoir le couteau sous la gorge (...) si le choix doit se faire entre la bombe (iranienne) ou le bombardement (israélien), de mon point de vue mieux vaut le bombardement", a affirmé M. Yaalon, ancien chef d'état major et actuel ministre chargé des affaires stratégiques.

Selon lui, les Iraniens ont accéléré ces derniers mois leurs activités d'enrichissement d'uranium. "Si l'Iran n'est pas stoppé, ce pays disposera d'ici un an de suffisamment d'uranium enrichi pour produire sept à huit bombes atomiques et sera en mesure de produire une bombe sale, une arme plus primitive, en moins de six mois", a ajouté le ministre.

"Si les pressions diplomatiques ou économiques sur l'Iran ne sont pas durcies et s'il n'y a pas d'autres développements positifs, le moment de vérité va bientôt arriver", a-t-il souligné.

A de nombreuses reprises, les dirigeants israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Ehud Barak, ont affirmé que "toute les options sont sur la table", une formule moins explicite que les propos de M. Yaalon, laissant la porte ouverte à une possible attaque israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.

Le Haaretz souligne que M. Yaalon a durci ses positions sur l'Iran alors qu'il était plutôt considéré comme une "colombe", c'est à dire un partisan de la manière douce, sur ce dossier. Il fait partie du cabinet de sécurité, un forum de ministres plus restreint que le gouvernement, chargé des décisions stratégiques.

Les grandes puissances, Occidentaux en tête, soupçonnent l'Iran, malgré ses démentis, d'avoir un objectif militaire derrière son programme nucléaire, qui a été condamné par six résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU depuis 2006.

Israël, seule puissance nucléaire -- officieuse -- de la région, estime que son existence serait menacée si Téhéran disposait de la bombe atomique.

jlr/cnp

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