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Iran: Paris dénonce la condamnation du défenseur des droits de l'Homme Soltani

14/06/2012 12:38 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

La France a dénoncé jeudi la condamnation en appel à 13 ans de prison par la justice iranienne de l'avocat et défenseur des droits de l'Homme iranien Abdolfattah Soltani, dans une déclaration du ministère des Affaires étrangères.

"La France condamne fermement la peine de 13 années de prison prononcée en appel à l'encontre de M. Abdolfattah Soltani, avocat iranien des droits de l'Homme, récipiendaire en 2003 du Prix des droits de l'Homme de la République française", a indiqué le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valéro.

"L'acharnement de la justice iranienne contre les défenseurs des droits de l'homme, et en particulier les anciens membres du Centre des défenseurs des droits de l'Homme fondé par Mme Shirin Ebadi dont M. Soltani faisait partie, est particulièrement préoccupant", a-t-il souligné.

"La France condamne la poursuite de cette politique qui va à l'encontre des engagements internationaux de l'Iran, et notamment du droit à la liberté d'opinion, reconnu par le Pacte international sur les droits civils et politiques, auquel l'Iran a librement souscrit", a-t-il ajouté.

La condamnation de M. Soltani a été annoncée par des sites d'opposition iraniens à l'étranger citant sa famille.

Abdolfattah Soltani avait été condamné début mars à 18 ans de prison et 20 ans d'interdiction d'exercer par le tribunal révolutionnaire de Téhéran.

L'avocat, qui a déjà effectué deux séjours en prison en 2005 et 2009, est l'un des cofondateurs du Cercle des défenseurs des droits de l'Homme, avec le prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi.

Il a assuré notamment la défense de responsables de la communauté religieuse des Bahaïs, poursuivis par les autorités qui ne la reconnaissent pas.

Il était accusé par le tribunal révolutionnaire de Téhéran d'"organisation d'un groupe d'opposition illégal", de participation a des "rassemblements en vue de porter atteinte à la sécurité nationale" et de "propagande contre le régime", selon Amnesty International.

Il lui a également été reproché d'avoir "accepté un prix illégal et des revenus illégaux" pour avoir reçu en 2009 le Prix international des droits de l'Homme de Nuremberg, en Allemagne, ajoute l'organisation.

nou/hr/sba

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