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Doutes sur la capacité du duo Netanyahu-Barak à organiser des frappes contre l'Iran (REVUE DE PRESSE)

14/06/2012 06:17 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

Les médias israéliens laissaient percer leurs doutes jeudi sur la capacité de Benjamin Netanyahu et de son ministre de la Défense à organiser une attaque contre l'Iran à la lumière des critiques cinglantes émises à leur encontre dans le fiasco de la flottille pour Gaza.

Dans un rapport officiel publié mercredi, le contrôleur de l'Etat Micha Lindenstrauss a critiqué sans ménagement la manière dont le Premier ministre israélien a décidé d'arraisonner une flottille humanitaire internationale pour Gaza, le 31 mai 2010. L'abordage, mal préparé et exécuté, du navire amiral de la flottille, le ferry turc Mavi Marmara, s'était soldé par la mort de neuf passagers turcs.

Il est reproché à M. Netanyahu de n'avoir pas mené de consultations approfondies et élargies avant de donner l'assaut, mais limité ses échanges à des entretiens avec le ministre de la Défense Ehud Barak et le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman.

"Il y a au moins une chose qui apparaît dans ce rapport, et que personne ne saurait contester, c'est que que nous avons de bonnes raisons d'être inquiets. Et ces raisons s'appellent Netanyahu et Barak", souligne Sima Kadmon, une éditorialiste du quotidien Yédiot Aharonot (indépendant), qui titre à la une "Le roi est nu" à propos de M. Netanyahu --pourtant au pinacle de sa popularité.

"Si effectivement c'est ce qui se passe dans les plus importants bureaux d'Israël pour une simple flottille, un bateau avec à son bord quelques pacifistes et autres activistes, Dieu sait ce qui pourrait arriver pour des événements plus graves comme un bombardement de l'Iran", ironise Sima Kadmon.

Le commentateur du Maariv (indépendant), Ofer Shelah, estime que les erreurs commises par MM. Netanyahu et Barak dans l'affaire de la flottille "sont bien pires et plus inquiétantes" que celles commises par Ehud Olmert (ancien Premier ministre) et Amir Peretz (ex-ministre de la Défense) lors de la guerre du Liban de l'été 2006.

En revanche, l'analyste militaire du quotidien pro-gouvernemental Israel Hayom, Yoav Limor, défend le Premier ministre: "Certains commentateurs ont établi un lien direct entre la flottille et l'Iran. Ils peuvent se calmer: Netanyahu sait très bien qu'une attaque égale une guerre, une guerre égale une enquête et que sa tête sera sur le billot. Or il y a toutes les chances pour qu'il veuille se priver de ce plaisir".

La commission parlementaire de contrôle de l'Etat a discuté jeudi des conclusions du rapport sur la flottille.

Le président de cette commission, le député d'extrême droite Uri Ariel, a fustigé "les erreurs colossales" de l'opération contre la flottille et exigé du contrôleur de l'Etat qu'il rédige un rapport sur la façon dont le gouvernement a géré jusqu'à présent la crise nucléaire iranienne, selon la radio publique.

M. Netanyahu et son ministre de la Défense ont affirmé à moult reprises que "toute les options sont sur la table", laissant la porte ouverte à une possible frappe israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.

En octobre dernier, M. Barak avait démenti des informations des médias israéliens selon lesquelles il pourrait décider avec M. Netanyahu d'attaquer l'Iran sans tenir compte de l'avis défavorable des chefs de l'armée et des agences de renseignements ou de la majorité des ministres sur une telle opération.

Le vice-Premier ministre Moshé Yaalon a jugé jeudi qu'il valait mieux pour Israël bombarder l'Iran plutôt que de laisser ce pays se doter de l'arme nucléaire, dans une interview au quotidien Haaretz.

jlr/agr/cnp

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