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Des ONG égyptiennes contestent une mesure donnant plus de pouvoirs à l'armée

14/06/2012 01:11 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

Dix-sept organisations de défense des droits de l'Homme égyptiennes ont appelé jeudi à l'annulation d'une décision de la justice qui a rendu à la police militaire et aux officiers de renseignements de l'armée le pouvoir d'arrêter des civils.

"Cette décision donne des pouvoirs extraordinaires qui n'ont aucune base légale", estiment ces ONG, dénonçant cette décision comme "un détournement flagrant de la fin officielle de l'état d'urgence".

Une telle mesure "pourrait mettre en place des restrictions pires que celles qui étaient sous (la loi sur) l'état d'urgence", poursuivent-elles dans un communiqué.

Les ONG, parmi lesquelles figurent l'Egyptian Initiative for Personal Rights et le Hisham Mubarak Law Centre, ont appelé à l'annulation de cette mesure qui entre en vigueur jeudi et doit durer jusqu'à l'élaboration d'une nouvelle Constitution.

La Justice a rendu mercredi à la police militaire et aux officiers de renseignements de l'armée le pouvoir d'arrêter des civils, une prérogative dont ils ne disposaient plus depuis l'expiration fin mai de l'état d'urgence.

L'armée, au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, avait annoncé le 31 mai la fin de l'état d'urgence, qui était en vigueur depuis l'assassinat du président Anouar al-Sadate en 1981 et donnait des pouvoirs élargis aux forces de l'ordre en matière d'arrestations et de détention.

Un haut dirigeant des Frères musulmans égyptiens a dénoncé jeudi comme un "coup d'Etat" cette mesure ainsi que la décision de la Haute cour constitutionnelle de considérer le Parlement actuel, dominé par les islamistes, comme "anticonstitutionnel".

Dans un communiqué, Amnesty International a appelé aussi à "l'annulation de cette décision" qu'elle a qualifiée de "dangereuse".

"Au lieu d'enquêter sur les graves abus commis par les officiers de l'armée et des militaires contre les manifestants depuis janvier 2011, les autorités leur donnent carte blanche pour arrêter et détenir des civils", a déploré un communiqué de cette organisation.

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