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Controverse autour de la tenue vestimentaire des accusés du 11-Septembre

14/06/2012 06:52 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

Les cinq accusés du 11-Septembre voulaient porter une tenue de camouflage, la combinaison orange de Guantanamo ou une coiffe afghane pour leur mise en accusation, mais en ont été interdits par les autorités, a-t-on appris jeudi dans des documents publiés par le Pentagone.

La tenue vestimentaire des cinq hommes accusés d'avoir organisé les attentats les plus meurtriers de l'histoire américaine est devenue une source de tension en vue de l'audience très médiatisée du 5 mai dernier à Guantanamo, quand l'amiral David Woods, commandant de la prison, s'est catégoriquement opposé aux choix des détenus.

Une série de documents judiciaires et de photos, dévoilée cette semaine sur le site internet des tribunaux militaires, montre les échanges entre l'accusation, la prison et les avocats des détenus expliquant leur choix et s'offusquant du refus des autorités.

Le commandant de Guantanamo "a violé le règlement des tribunaux militaires et a pris une décision arbitraire et capricieuse en refusant aux accusés le droit de revêtir la tenue de leur choix", a écrit la défense dans son recours, réclamant une audience sur le sujet.

"Les vêtements d'un détenu ne doivent pas transformer ce tribunal en un outil de propagande et entacher l'atmosphère propice à une délibération calme et indépendante", a rétorqué l'accusation, dans un document distinct.

La décision de l'amiral Woods "était conforme aux devoirs et responsabilités inhérents à la gestion d'un centre de détention", a ajouté le gouvernement.

A la veille de l'audience, le 4 mai, l'amiral Woods a inspecté les vêtements que les détenus souhaitaient porter le jour de leur mise en accusation. Parmi ceux-ci, une tenue de camouflage aux couleurs du désert, la célèbre combinaison orange symbole des détenus de Guantanamo, mais qui est en fait réservée aux prisonniers désobéissants, une coiffe et une tunique afghanes.

Il en a retoqué une bonne partie aux motifs qu'ils pourraient "saper le bon ordre et la discipline" de rigueur dans toute salle de tribunal, "compliquer la capacité des gardes à reprendre contrôle sur un détenu si nécessaire" ou permettre à un accusé "de soustraire des objets non autorisés de la salle d'audience".

chv/gde

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