MONTRÉAL - L'action de Transat (TSX:TRZ.B) a perdu plus de huit pour cent, jeudi, dans la foulée de la publication de résultats décevants.

Le titre a clôturé à tout juste 4 $, en baisse de 36 cents, à la Bourse de Toronto. Il faut remonter au printemps 2003 pour retrouver un cours aussi bas.

Le voyagiste montréalais a essuyé une perte nette de 13,2 millions $ (35 cents par action) à son deuxième trimestre qui a pris fin le 30 avril. Pendant la même période de l'an dernier, Transat avait dégagé des profits nets de 8,7 millions $ (23 cents par action).

Ces résultats sont largement inférieurs aux attentes des analystes financiers, qui tablaient sur une perte de quelques cents par action.

Les revenus se sont établis à 1,2 milliard $, en hausse de 10,1 pour cent, grâce principalement à l'acquisition de Vacances Tours Mont-Royal, conclue il y a quelques mois.

«Les prix de vente des forfaits à destination du Mexique et des Caraïbes ont fortement chuté durant la deuxième moitié du trimestre, alors que les coûts de carburant ont été supérieurs, entraînant un impact défavorable sur la marge», a déclaré le président et chef de la direction de Transat, Jean-Marc Eustache.

Malgré tout, l'entreprise montréalaise a dit maintenir le cap sur son plan de retour à la rentabilité annoncé l'an dernier. Au moyen de réductions de coûts et d'initiatives pour accroître les revenus, ce plan doit générer une hausse de 20 millions $ du résultat d'exploitation en 2012 et de 50 millions $ par année d'ici trois ans.

M. Eustache a toutefois reconnu jeudi qu'après une perte cumulée de 42,7 millions $ au premier semestre, il serait impossible pour Transat de déclarer des profits cette année. Il y a à peine trois mois, pourtant, il disait avoir bon espoir que l'entreprise soit rentable en 2012.

En réponse à la question d'un journaliste, Jean-Marc Eustache a néanmoins assuré qu'il n'était pas inquiet pour l'avenir de l'entreprise.

Quelques heures avant le dévoilement des résultats financiers, le syndicat représentant les quelque 1800 agents de bord de Transat avait annoncé que ses membres acceptaient la suspension temporaire des hausses de salaires prévues, afin de venir en aide à la compagnie.

Transat reportera ainsi jusqu'en décembre 2015 au plus tard le versement de trois augmentations annuelles d'un pour cent et d'un montant forfaitaire de 1,5 pour cent. En mai, les pilotes de l'entreprise avaient consenti à une entente semblable. Les machinistes doivent se prononcer sous peu à ce sujet.

Dans l'espoir d'améliorer ses marges bénéficiaires, Transat a réduit de quatre pour cent sa capacité estivale entre le Canada et l'Europe. L'hiver prochain, le voyagiste abandonnera 12 liaisons vers le sud, mais en ajoutera cinq nouvelles.

«Les perspectives de la direction continuent d'être négatives pour la saison d'été malgré le récent effondrement des prix du carburant», a déploré l'analyste Ben Vendittelli, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne.

Les difficultés de l'entreprise ont fait en sorte que celle-ci ne respectait pas certaines conditions de sa facilité de crédit de 100 millions $ à la fin avril. Transat a indiqué jeudi que ses prêteurs, la Banque Nationale et la Banque Scotia, avaient toléré ce «défaut». L'entreprise a néanmoins demandé et obtenu une réduction de moitié du montant de cette facilité.

Enfin, Transat a vendu pour 57,4 millions $ ses titres de papier commercial adossé à des actifs, acquis pour 80 millions $ il y a cinq ans.