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A l'ONU, Kirchner propose à la Grande-Bretagne un dialogue sur les Malouines

14/06/2012 06:49 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

La présidente argentine Cristina Kirchner s'est dite jeudi depuis l'ONU "ouverte à la négociation" avec la Grande-Bretagne sur les Malouines, dont Buenos Aires continue à revendiquer la souveraineté, trente ans après la fin de la guerre.

"Nous demandons peu: discuter. Nous ne réclamons pas qu'on nous donne raison. Nous demandons (au Royaume-Uni) de s'asseoir à la table des négociations", a dit Mme Kirchner lors d'une allocution historique devant le Comité spécial de la décolonisation de l'ONU, 30 ans jour pour jour après la fin d'un conflit qui a fait environ 900 morts.

"L'Argentine est ouverte à la négociation", a ajouté Mme Kirchner dont le pays continue à revendiquer sa souveraineté sur cet archipel de 3.000 habitants de l'Atlantique Sud sous contrôle du Royaume-Uni depuis 1833.

Au cours d'une rencontre avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a dit à Mme Kirchner être "conscient du fort soutien" dont jouissent les revendications de l'Argentine en Amérique du Sud, selon un communiqué de l'organisation.

Le Comité de la décolonisation appelle régulièrement Londres et Buenos Aires à entamer des négociations sur la question de la souveraineté des Malouines. Mais le Royaume-Uni s'y refuse.

Peu avant que Mme Kirchner n'appelle la Grande-Bretagne au dialogue, le Premier ministre David Cameron a d'ailleurs assisté à une réception organisée par le gouvernement des Malouines à Londres, en souvenir de la fin du conflit.

La souveraineté de l'archipel est "absolument non négociable", a déclaré M. Cameron. Tout en soulignant que Londres "n'a aucune intention agressive" vis-à-vis du gouvernement argentin, il a estimé que "ce n'est pas une sorte de jeu de Monopoly, où les pays s'échangent un territoire. C'est aux habitants des îles à déterminer leur propre avenir".

Incidemment, il y a quelques jours, le gouvernement des Malouines a décidé d'organiser un référendum l'an prochain sur le statut des îles.

"96% des électeurs" pour le maintien du statut actuel

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Ces derniers mois, Cristina Kirchner a musclé son discours sur les Malouines. Elle a notamment pour elle la décision prise en décembre par le Brésil, l'Uruguay et le Chili d'interdire aux navires battant pavillon des Malouines de mouiller dans leurs ports, en signe de solidarité avec Buenos Aires.

L'envoi en mission pour six semaines dans les îles du prince William, pilote d'hélicoptère au sein de la Royal Air Force, puis d'un destroyer britannique, ont été vécus comme autant de provocations par l'Argentine. Buenos Aires a d'ailleurs déposé en février une plainte à l'ONU dénonçant la "militarisation" de la zone par Londres.

Face à l'arsenal diplomatique déployé par l'Argentine cette année, les insulaires ont décidé eux aussi de faire entendre leur voix à New York. Roger Edwards et Michael Summers, tous deux membres de l'Assemblée législative des Malouines, ont ouvert la séance du Comité de la décolonisation. L'Argentine, a souligné M. Edwards, "persiste dans ses tentatives de nier ses droits au peuple des Malouines".

Confirmant l'organisation du référendum l'an prochain, il a affirmé que "96% de l'électorat" souhaite maintenir le statut actuel de l'archipel.

Après avoir parlé, M. Edwards a tenté de remettre au ministre argentin des Affaires étrangères Hector Timerman une lettre dans laquelle la délégation des Malouines appelle au dialogue entre l'Argentine et l'archipel.

Mais M. Timerman a refusé de se saisir de la lettre, lançant à M. Edwards: "envoyez-la à mon ambassade".

mar/gde/eg

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