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À Rome, Hollande présente son plan pour relancer la croissance en Europe

14/06/2012 02:21 EDT | Actualisé 14/08/2012 05:12 EDT

ROME - Le président français François Hollande a présenté jeudi son plan pour relancer la croissance en Europe à l'occasion d'une rencontre à Rome avec le président du Conseil italien, Mario Monti.

Le chef de l'État a expliqué avoir adressé le document au président du Conseil européen, Herman Von Rompuy, afin de préparer le sommet européen des 28 et 29 juin.

Le plan est fondé sur trois principes: la croissance, la stabilité, et l'approfondissement de l'Union économique et monétaire, a-t-il précisé.

La croissance est «indispensable si nous voulons que nos économies retrouvent une dynamique et si nous voulons atteindre nos objectifs de réductions des déficits», a souligné François Hollande lors d'une conférence de presse conjointe avec Mario Monti.

Le président français a notamment prôné la mise en place d'une une «banque européenne d'investissement», et de «project bonds» (emprunts obligataires destinés au financement de projets), souhaitant trouver un «consensus» européen d'ici la fin du mois.

François Hollande a précisé que les «montants concernés» devaient être «conséquents».

«Il ne s'agit pas de faire de la croissance avec des dépenses publiques de chacun de nos États, mais il ne s'agit pas non plus de faire de la croissance avec quelques ressources que nous mobiliserions pour la circonstance. Non, nous avons besoin d'instruments qui puissent être mobilisés rapidement pour redonner de l'activité économique», a-t-il insisté.

En ce qui concerne le principe de «stabilité», il a estimé que «l'Europe a besoin d'instruments, de mécanismes qui permettent de soutenir les banques, les États qui peuvent se trouver à un moment et injustement dans une tourmente, de façon à ce que la spéculation soit découragée et à ce que la cohésion de la zone euro soit renforcée».

Ces mécanismes devront apporter des «garanties» pour les «États vertueux», a-t-il espéré.

Enfin, pour approfondir l'Union économique et monétaire, il a souhaité disposer d'une «feuille de route pour les prochaines années, qui nous permette de coordonner nos politiques, d'harmoniser nos fiscalités, de faire des politiques structurelles qui donnent plus de capacités à l'Europe».

Le président français a notamment rappelé être favorable à la mise en place d'une taxe sur les transactions financières.

François Hollande plaide pour des «eurobonds» (obligations européennes), idée à laquelle l'Allemagne s'est toujours opposée. Mais il a aussi suggéré des «eurobills» (obligations européennes à court terme, inférieur à un an), ou la création d'un «fonds d'amortissement» (mutualisation partielle des dettes des pays de la zone euro), sans trancher la question.

«Nous avons besoin de nouveaux instruments qui supposeront eux-mêmes plus d'intégration» au sein de la zone euro, a-t-il affirmé.

Le chef de l'État a aussi suggéré de renforcer le Mécanisme européen de stabilité (MES) en lui accordant «éventuellement» la «licence bancaire», «qui donnerait la puissance nécessaire pour vaincre un certain nombre de mouvements financiers».

François Hollande et Mario Monti doivent se retrouver à Rome le 22 juin avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, avant le conseil européen des 28 et 29 juin, et après le sommet du G-20 de Los Cabos, au Mexique, les 18 et 19 juin.

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