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Un jésuite italien dit quitter la Syrie à "la demande des autorités"

13/06/2012 11:42 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Le père Paolo Dall'Oglio, un jésuite italien engagé depuis une trentaine d'années dans le dialogue entre chrétiens et musulmans, a déclaré mercredi qu'il quittait la Syrie "à la demande de l'Eglise et des autorités" syriennes, dans un entretien téléphonique avec l'AFP.

"Je quitte la Syrie à la demande de l'Eglise et des autorités civiles", a-t-il répondu succinctement depuis le monastère syriaque catholique de Mar Moussa, à une centaine de kilomètres au nord-est de Damas, en précisant que le monastère resterait ouvert.

Mardi, la radio du Vatican avait annoncé que le père Dall'Oglio, qui a prôné le dialogue depuis le début du conflit en Syrie et a refusé toute intervention étrangère armée, partirait d'ici quelques jours à la demande de son évêque.

Situé dans une région semi-désertique sur une colline où l'on accède à pied, le monastère, datant du VII siècle, abrite une petite communauté de moines et de religieuses.

Sous l'égide du père Dall'Oglio, qui l'a fait restaurer et l'anime depuis les années 1980, le lieu est ouvert à toutes les communautés religieuses et accueille des séminaires consacrés au dialogue entre chrétiens et musulmans.

Ce qui se passe en Syrie est une "tragédie musulmane" dans laquelle les chrétiens se trouvent impliqués, avait expliqué le prêtre italien à la radio du Saint-Siège.

La Syrie compte une petite mais assez influente minorité chrétienne, qui vit en harmonie avec la majorité musulmane. Elle se trouve cependant prise entre deux feux à cause des violences entre la rébellion et les forces du régime de Bachar al-Assad.

Ces derniers mois, le monastère a reçu à deux reprises la visite d'"hommes cagoulés" disant être à la recherche d'armes cachées, a déclaré un pensionnaire à l'AFP. Ces visites se sont déroulées sans incident et "nous avons eu plus peur que mal", a-t-il dit.

La véritable raison du départ du père jésuite semble être une "lettre ouverte" qu'il a adressée en mai à l'émissaire international Kofi Annan, dans laquelle il souhaitait un "authentique changement démocratique" et "un changement dans la structure du pouvoir" à Damas, ainsi qu'une multiplication par dix du nombre de Casques bleus pour protéger les civils.

Il avait aussi mis en garde contre "le risque d'une dérive confessionnelle violente".

Cette lettre a été considérée comme "la goutte d'eau" par les autorités syriennes qui ont décidé de l'expulser, ont indiqué ses proches à l'AFP.

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