NOUVELLES

Un funambule se prépare au rêve de sa vie, traverser les chutes du Niagara

13/06/2012 09:06 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Il en rêvait depuis 27 ans et touche désormais au but: un funambule américain de 33 ans, Nik Wallenda, essayera vendredi de traverser les chutes du Niagara sur un fil d'acier, du jamais vu depuis plus d'un siècle.

La traversée est prévue en fin de soirée, devant des milliers de spectateurs massés des deux côtés des chutes, à la frontière du Canada et des Etats-Unis.

"C'était mon rêve depuis l'âge de six ans", s'enthousiasme Nik Wallenda. "J'ai attendu 27 ans, et il va devenir réalité", ajoute-t-il dans un entretien à l'AFP.

Issu d'une famille de funambules et d'artistes de cirque depuis sept générations, les "Wallenda volants", Nik Wallenda, marié et père de trois enfants, s'est préparé sans peur au défi qui l'attend.

Il estime qu'il lui faudra environ 40 minutes pour traverser pas à pas dans le vacarme la rivière Niagara, juste au dessus des chutes. Une traversée de quelque 550 mètres, à 60 mètres de la surface de l'eau.

Pour la première fois, Wallenda, a accepté, à regret, de porter un harnais de sécurité.

"Je n'en ai jamais porté de ma vie, de toute ma carrière", explique le funambule, deux fois cité dans le livre Guinness des records pour ses exploits à vélo sur un fil.

Mais son principal sponsor, la chaîne de télévision ABC, qui a prévu une retransmission spéciale de 3 heures autour de l'événément, le lui a demandé. "Je n'en suis pas ravi, mais je n'ai pas le choix", ajoute-t-il.

Il ne s'en est pas moins préparé avec un infini sérieux.

"Je me suis entraîné sur un câble aux longueur et tension comparables à celui que je vais emprunter au dessus des chutes. Et nous avons aussi simulé des vents violents, jusqu'à 90 km/heure, et une forte brume, afin que je sois préparé à toutes les éventualités", dit-il.

"C'est plus une affaire de mental que de physique", assure celui qui a commencé à marcher sur un fil à l'âge de 2 ans.

Le défi est d'autant plus difficile, que le câble d'acier, d'un poids de sept tonnes, n'est pas stabilisé au dessus de l'eau.

Wallenda entamera sa traversée aux Etats-Unis, et descendra progressivement sur son fil d'environ 10 mètres, jusqu'au milieu des chutes, avant de lentement remonter, aidé par un balancier de 14 kg, pour atteindre la berge côté canadien.

Faute d'être stabilisé "le câble va bouger sous mes pieds, plus que ce à quoi je suis habitué. Et il y a la brume, parfois épaisse, et les vents qui peuvent venir de multiples directions", dit-il.

Comme chaque fois qu'il monte sur un fil, il fera une prière vendredi soir, avant de se concentrer et se lancer dans l'aventure.

Même si l'idée de la mort, parfois, lui traverse l'esprit --"mon arrière grand-père a perdu la vie en tombant d'un fil", rappelle-t-il-- il n'a pas peur.

"Je respecte ce que je fais, je sais que les dangers sont nombreux. Mais avoir peur est très dangereux, en fait, cela rend la chose impossible" ajoute-t-il.

Vendredi, ses enfants présents sur place, regarderont en direct leur père tenter d'accomplir son rêve de gosse, s'avançant au dessus des chutes dans des chaussons spéciaux confectionnés par sa mère: "Une sorte de mocassins indiens, avec une semelle de daim, pour à la fois me protéger et me permettre de bien sentir le fil", précise-t-il fièrement.

Quelque 4.500 spectateurs sont attendus côté américain, et de 40 à 60.000 côté canadien, selon les autorités locales.

La dernière traversée des chutes sur un fil remontait à juillet 1896. L'exercice était depuis interdit, mais les autorités locales ont fait une exception pour Wallenda, soulignant "le rôle que les cascadeurs ont joué dans l'histoire et la promotion des chutes du Niagara". Elles espèrent bien en retirer des bénéfices touristiques.

bd/mdm

PLUS:afp