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Solar Impulse contraint de faire demi-tour vers Rabat

13/06/2012 12:53 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

L'avion solaire Solar Impulse, qui effectuait un vol sans carburant entre Rabat et Ouarzazate (sud), a dû faire faire demi-tour à mi-chemin "à cause de vents imprévus", ont indiqué mercredi les responsables du vol.

"Le directeur de la mission a décidé que l'avion retournait à Rabat (...) l'appareil et son pilote ne sont pas en danger, mais (le vent) empêche la progression de Solar Impulse vers sa destination finale", a précisé le site internet qui permet de suivre le vol en direct.

"L'équipe travaille sur un nouvel itinéraire", est-il précisé, sans aucune précision de date pour une nouvelle tentative.

Piloté par le Suisse André Borschberg, co-fondateur du projet, l'avion avait décollé de Rabat mercredi à 07H07 GMT et était attendu peu après minuit à Ouarzazate au bout de plus de 16 heures de vol, dans des conditions climatiques difficiles en raison de l'atmosphère désertique.

Selon un technicien de la mission, "des turbulences et un vent qui s'est mis à souffler deux fois plus fort" ont été à l'origine de la décision de ramener l'avion sur Rabat.

"Turbulences et vents imprévus"

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"André va bien (..) il savait que ce vol était délicat", a ajouté ce responsable, précisant que l'appareil était attendu dans la nuit.

Le pilote dispose d'un parachute de son minuscule cockpit.

La décision de faire demi-tour est intervenue après huit heures et demie de vol, alors que l'appareil se dirigeait de Casablanca (100 km au sud de Rabat) vers Marrakech, au pied de l'Atlas, dans le Sud, avant de continuer sur Ouarzazate, sa destination finale à environ 550 km par la route de Rabat.

Avant même le départ les organisateurs, Solar Impulse et l'Agence marocaine de l'énergie solaire (Masen), avaient prévenu que ce vol serait "certainement le plus difficile que l'avion ait jamais effectué en raison de la nature aride et chaude du climat ainsi que de la proximité avec le massif montageux de l'Atlas", haut de plus de 3.000 mètres.

Le président de Masen, Mustapha Bakkoury, a quant à lui déclaré après le décollage: "cette étape est la plus symbolique, la plus passionnante et la plus difficile, l'avion devant survoler la chaîne montagneuse de l'Atlas avec des risques de vents".

A Ouarzazate même, une ville aride, "il fait très chaud et le vent souffle fort", a indiqué un journaliste de l'AFP sur place.

Jusqu'au milieu de son voyage tout semblait pourtant bien se dérouler.

Vers 10H00 GMT, le pilote qui volait à 3.000 mètres d'altitude au dessus de l'Atlantique à proximité de Casablanca avait indiqué par téléphone à l'AFP que tout allait "très très bien".

La plus grande centrale solaire du monde

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La tentative de vol était couplée à la présentation vendredi dans la région de Ouarzazate par les responsables de Masen d'une centrale solaire d'une capacité de 160 MW et avec l'objectif de porter cette capacité d'ici 2015 à environ 500 MW, ce qui devrait en faire la plus importante du monde.

Le Maroc, qui importe la quasi-totalité de son énergie de l'étranger, ambitionne de développer ses capacités d'énergies renouvelables grâce à ses côtes maritimes et à son ensoleillement exceptionnel.

Le royaume devrait ainsi produire à terme quelque 2000 MW d'énergies renouvelables, pour moitié éolienne et moitié solaire, réduisant ainsi nettement sa lourde facture pétrolière.

C'est d'ailleurs dans cette perspective que la société de Solar Impulse avait choisi le Maroc pour sa première traversée de l'Atlantique vers l'Afrique du nord.

Solar Impulse avait décollé le 24 mai de Payerne (Suisse) pour Madrid, première étape de son premier vol intercontinental vers le Maroc avant un tour du monde prévu en 2014.

hm/jlh

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