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Nouvelle peine de 20 ans de prison contre l'ex-président tunisien Ben Ali

13/06/2012 05:53 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Le tribunal militaire de Tunis a condamné mercredi l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali à 20 ans de prison pour «incitation de la population à s'entre-tuer» dans l'affaire dite de Ouardanine, selon l'agence de presse tunisienne TAP.

L'ex-président, réfugié en Arabie saoudite, n'a pas assisté au procès.

Quatre personnes ont trouvé la mort dans des affrontements sanglants ayant opposé les habitants de cette localité du centre tunisien à la mi-janvier 2011, au lendemain de la fuite du président déchu en Arabie Saoudite.

Mis en délibéré depuis mardi après plusieurs audiences, le verdict est tombé mercredi à l'aube.

L'ex-homme fort de Tunis, renversé par un soulèvement populaire après 23 ans de règne, a été reconnu coupable d'«incitation de la population à s'entre-tuer par les armes» et d'«incitation aux troubles et au pillage en territoire tunisien».

Lors des manifestations violentes qui ont secoué la ville de Ouardanine alors que des habitants tentaient d'empêcher la fuite du neveu de l'ancien président, Kaïs Ben Ali, quatre jeunes avaient été tués par balle.

De nombreux responsables de la sécurité soupçonnés d'avoir donné l'ordre de tirer sur les manifestants sont poursuivis dans cette affaire.

Des accusés en fuite ont été condamnés à 10 ans de prison par contumace. D'autres, en état d'arrestation, ont écopé de cinq ans de réclusion, selon l'agence officielle TAP, qui n'a pas donné plus de détails.

Le tribunal a prononcé un non-lieu en faveur d'autres prévenus, dont le nombre n'a pas été précisé.

L'ancien président tunisien a déjà été condamné à 66 ans de prison, notamment pour abus de pouvoir et malversations.

Il est jugé dans d'autres affaires relevant de la justice militaire. L'affaire dite de Thala et de Kasserine, deux localités du sud-ouest tunisien où plus de 20 personnes sont mortes pendant le soulèvement populaire, devrait être tranchée bientôt. Le dossier a été mis en délibéré depuis plus de dix jours par le tribunal militaire du Kef, dans le nord-ouest du pays.

Outre le président en fuite, deux anciens ministres de l'Intérieur et plusieurs hauts responsables des services de sécurité sont mis en cause dans cette affaire.

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