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Net recul de la mortalité maternelle et infantile dans les pays pauvres (rapport)

13/06/2012 05:12 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

La mortalité maternelle et infantile a fortement reculé dans les pays pauvres depuis 1990, selon un rapport d'étape publié mercredi dans le cadre de l'initiative de l'ONU du "Compte à rebours 2015", qui souligne toutefois la nécessité d'en faire beaucoup plus.

Il s'agit d'atteindre certains "objectifs du Millénaire" en matière de santé des mères et des enfants dans 75 pays en développement d'ici 2015 comme réduire de deux-tiers la mortalité des moins de cinq ans et de trois-quarts celle des mères.

Selon le rapport publié mercredi dans la revue médicale britannique The Lancet, la mortalité maternelle annuelle dans ces pays, dont la plupart sont situés en Afrique Subsaharienne et en Asie du sud-est, a diminué de près de moitié de 1990 à 2010 (543.000 à 287.000) tandis que pour les enfants de moins de cinq ans, elle est passée de 12 millions par an en 1990 à 7,6 millions en 2010, un recul de 36,6%.

Certains des pays les plus pauvres ont accompli "des progrès spectaculaires" pour réduire la mortalité des enfants en bas âge, se félicitent aussi les auteurs de ce rapport parmi lesquels des experts des universités américaines Johns Hopkins et Harvard, de la London School of Hygien and Tropical Medicine et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ainsi, les taux de décès des très jeunes enfants dans de nombreux pays africains ont baissé deux fois plus vite ces dernières années que durant la décennie 90.

Au Botswana, en Egypte, au Liberia, à Madagascar, au Malawi, au Rwanda et en Tanzanie, le taux de la mortalité infantile a baissé de 5% ou plus par an en moyenne de 2000 à 2010.

Des progrès similaires ont été aussi réalisés contre la mortalité maternelle, et dans un petit nombre de ces nations, comme la Guinée Equatoriale, le Népal et le Vietnam, la diminution a atteint 75% par an.

Mais malgré ces récents progrès, seuls 22 des 75 pays compris dans le "Compte à rebours 2015" sont actuellement en mesure d'atteindre les objectifs du Millénaire fixés par l'ONU, déplore le rapport.

La pneumonie et la diarrhée sont encore responsables de plus de deux millions de décès par an d'enfants en bas âge, ce qui pourrait être évité avec des mesures de prévention et des traitements.

Le rapport précise que 40% des décès chez les enfants se produisent durant le premier mois de la vie et que plus de 10% des nouveau-nés viennent au monde avant terme, un chiffre en hausse. Les auteurs relèvent que les complications résultant des naissances prématurées sont la principale cause de décès des nouveau-nés.

"Les efforts au niveau mondial pour sauver des vies de femmes et de nourrissons et de jeunes enfants ne vont pas assez vite", juge le Dr Mickey Chopra, principal responsable sanitaire du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et co-président de l'initiative du "Compte à rebours pour 2015".

"Certains pays nous montrent à quoi ressemble le succès mais un grand nombre de pays ont encore à suivre leur exemple", dit-il.

Alors que le financement public dans ces pays est essentiel pour faire de véritables progrès, 40 des 75 pays du "Compte à rebours pour 2015" consacrent moins de 10% de leur budget à la santé publique, indique le rapport.

Sa publication coïncide avec la tenue à Washington d'une réunion de deux jours jeudi et vendredi pour élaborer un plan visant à éliminer les décès infantiles évitables. Les gouvernements américain, indien et éthiopien y participent en collaboration avec l'Unicef.

js/eg

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