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Moreau soutient qu'aucun favoritisme n'est en cause dans les procédures au MTQ

13/06/2012 04:14 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Le ministre des Transports, Pierre Moreau, a défendu, mercredi, une procédure qui permet aux élus de se prononcer sur la priorité à accorder aux chantiers routiers prévus dans les circonscriptions électorales.

Lors d'un point de presse avant la période des questions, M. Moreau a affirmé que ces interventions, qui peuvent provenir de députés de tous les partis, n'ouvrent pas la porte au «favoritisme».

«Lorsqu'il y a dans un territoire donné une liste de travaux à exécuter dans l'année, cette liste-là va être faite entièrement et on va ordonnancer la façon dont les travaux sont faits, a-t-il dit. Essentiellement, c'est ça.»

M. Moreau a déclaré que ces interventions ne surviennent qu'en cas d'urgence ou lorsque des représentants locaux, comme des maires ou des députés, estiment qu'il faut modifier l'ordre prévu par les fonctionnaires pour effectuer les travaux.

Selon le ministre, cette façon de procéder est en vigueur depuis de nombreuses années, même sous des gouvernements du Parti québécois.

«L'idée, ce n'est pas de faire du favoritisme, a-t-il dit. L'idée, c'est de dire: en lien avec le milieu, on est en mesure de déterminer dans quel ordre les travaux vont se faire.»

Mardi, devant la commission d'enquête publique sur la construction, Chantal Gingras, sous-ministre adjointe responsable de la planification des chantiers au MTQ, avait déclaré qu'une liste des projets routiers potentiels était établie pour chaque circonscription, et remise au cabinet du ministre des Transports pour approbation.

Le commissaire Renaud Lachance s'était étonné de ce témoignage, d'autant plus que Mme Gingras a affirmé que ce tri n'était pas pertinent pour les fonctionnaires.

Le ministre délégué des Transports, Norman MacMillan, a affirmé mercredi que les députés doivent pouvoir faire leur travail lorsqu'ils reçoivent des demandes d'élus locaux.

«Pourquoi est-ce qu'un député est élu?», a-t-il demandé. «Pour prendre des décisions. Si un député dans son comté a une demande d'un maire ou de la municipalité régionale de comté, qui a une route qui est dangereuse, ils vont aller voir leur député. Et le député parle au ministre et le ministre le regarde, c'est tout.»

M. MacMillan a reconnu que le rôle des fonctionnaires est aussi de discuter avec les élus locaux, mais selon lui, les députés doivent aussi avoir voix au chapitre pour établir les priorités dans les circonscriptions.

«Est-ce que le fonctionnaire est élu pour parler aux élus?», a-t-il aussi demandé. «Oui, mais le député qui est là, en place, le ministre qui est là, en place, c'est son rôle de parler.»

Selon le ministre délégué, ces demandes proviennent tant de députés du gouvernement que de l'opposition. «Ça marche des deux côtés de la Chambre, avec tous les partis, a-t-il dit. Tu passes ton temps à rencontrer des maires, organisé par des gens de l'opposition ou de notre bord.»

Par ailleurs, M. Moreau a prévenu qu'il limitera ses déclarations concernant les travaux de la commission d'enquête, présidée par la juge France Charbonneau, qui a commencé à entendre ses premiers témoins cette semaine.

«Je n'ai pas l'intention de commenter quotidiennement les témoignages», a-t-il dit.

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