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Lubanga assure à la CPI s'être opposé à l'enrôlement d'enfants soldats en RDC

13/06/2012 10:57 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

L'ex-chef de milice de la République démocratique du Congo (RDC) Thomas Lubanga a assuré mercredi devant la Cour pénale internationale (CPI) s'être opposé à l'enrôlement d'enfants soldats en 2002 et 2003, crime dont il a été reconnu coupable le 14 mars.

"Je me suis toujours opposé à de tels enrôlements", a déclaré M. Lubanga lors d'une audience à La Haye, où siège la CPI. Cette audience était destinée à entendre les arguments de la défense, de l'accusation et des représentants des victimes sur la peine qui doit être infligée à M. Lubanga.

Reconnaissant que "nul ne peut affirmer qu'aucun enfant de moins de quinze ans ne s'est retrouvé parmi les militaires", il a soutenu : "jamais je n'ai accepté ou toléré que de tels enrôlements aient lieu".

Plus tôt dans l'après-midi, le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo avait requis 30 ans de prison contre M. Lubanga, assurant demander une peine "au nom de chacun des enfants recrutés, au nom de la région de l'Ituri".

L'accusation avait de la sorte requis la peine maximale encourue par M. Lubanga, sauf si les juges estiment que les crimes commis étaient d'une "extrême gravité". Ils peuvent alors prononcer une peine de réclusion à perpétuité.

Thomas Lubanga avait été reconnu coupable par la CPI le 14 mars de crimes de guerre, pour avoir utilisé des enfants soldats, âgés de moins de quinze ans, en 2002 et 2003 lors de la guerre civile en Ituri (nord-est de la RDC).

"C'est comme un boulet dans la figure que j'ai reçu votre jugement du 14 mars", a soutenu M. Lubanga, 51 ans, affirmant avoir oeuvré pour la paix en Ituri (nord-est de la RDC) et rejetant l'image de "seigneur de guerre sans pitié" qui lui est, selon lui, attribuée.

Ecroué à La Haye depuis 2006, le fondateur de l'Union des patriotes congolais (UPC) plaidait non coupable. Son procès, le premier de la CPI, s'était ouvert le 26 janvier 2009 et s'était achevé le 26 août 2011.

Les affrontements interethniques et les violences entre milices pour le contrôle des mines d'or et d'autres ressources naturelles en Ituri ont provoqué la mort de 60.000 personnes depuis 1999, selon des ONG humanitaires.

ndy/mbr/jpc

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