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Les rebelles syriens battent en retraite à Haffé

13/06/2012 05:51 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) ont battu en retraite mercredi à Haffé selon une ONG, après une semaine de bombardements meurtriers des forces du régime qui ont repris le contrôle de cette ville symbolique du nord-ouest du pays.

Au lendemain de violences qui ont fait 80 morts dans le pays selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'Otan a affirmé mercredi qu'une "intervention militaire étrangère n'est pas la bonne voie pour la Syrie", alors que la communauté internationale reste profondément divisée sur les moyens de mettre fin à l'escalade.

L'ASL s'est retirée à l'aube de Haffé, dans le nord-ouest de la Syrie, après huit jours de bombardements intenses des forces du régime, a indiqué l'OSDH.

"Les insurgés se sont retirés de la ville de Haffé et de toute sa région à l'aube afin de préserver la vie des habitants soumis à des bombardements extrêmement violents", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, chef de l'OSDH citant des militants proches des combattants sur place.

Après ce repli "tactique", les forces régulières ont pris le contrôle de la région, a-t-il précisé.

Pendant huit jours, les troupes du régime ont subi de "lourdes pertes" lors de combats avec les insurgés, "des centaines de soldats ayant été blessés et tués", selon le directeur de l'OSDH.

M. Abdel Rahmane avait fait état mardi d'une attaque imminente des forces du régime contre Haffé, ajoutant que des centaines de rebelles de l'ASL défendaient cette localité proche de Qardaha, ville natale du président Assad.

Des militants et plusieurs pays occidentaux s'étaient inquiétés que le régime ne prépare un nouveau massacre à Haffé, et l'ONU avait réclamé un accès des observateurs de l'ONU à la localité.

Mais les observateurs ont été empêchés de s'y rendre par des habitants d'un village voisin, partisans du président Bachar al-Assad. Trois des véhicules de l'ONU ont essuyé des tirs, selon les Nations unies.

Les observateurs font face "à de graves risques pour leur sécurité", a dénoncé le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous.

Dans ce contexte, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a jugé "très difficile" de prolonger au-delà de juillet la mission de l'ONU, chargée de surveiller la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu prévu dans le cadre du plan de l'émissaire Kofi Annan, resté jusqu'ici lettre morte.

Privilégiant une solution politique, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a regretté l'échec du Conseil de sécurité de l'ONU de parvenir à un accord sur les moyens d'accroître la pression sur Damas, estimant que la Russie, allié de poids du régime syrien, aurait pu jouer "un rôle clef" pour arriver à la paix.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov est attendu en Iran, un autre allié des autorités syriennes accusé de leur fournir armes et expertise pour la répression de la révolte.

Les Etats-Unis avaient également pointé du doigt mardi le rôle de Moscou, qui aurait fourni des hélicoptères d'attaque à Damas.

La Russie a rétorqué que ces livraisons d'armes étaient conformes aux exigences de l'ONU, mais refusé de commenter les informations sur les hélicoptères d'attaques.

Pour protester contre le soutien apporté au régime de Damas par Moscou, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a appelé à manifester mercredi devant les ambassades russes dans le monde.

"Le niveau de violence augmente fortement, tellement fortement en fait que cela indique un changement de nature" du conflit a estimé mardi M. Ladsous.

Interrogé par des journalistes pour savoir s'il pensait que la situation en Syrie avait atteint le stade de guerre civile, il a répondu: "Oui, je pense que nous pouvons le dire".

La Chine, autre allié de Damas, qui avec la Russie a bloqué à deux reprises au Conseil de sécurité de l'ONU des résolutions condamnant la répression, a exprimé mercredi sa "vive inquiétude sur l'évolution de la situation en Syrie".

Dans le reste du pays, la ville de Homs (centre) était de nouveau bombardée mercredi par les forces gouvernementales, selon l'OSDH.

"Les forces régulières bombardent depuis le matin le quartier de Khalidyé à Homs où des dizaines d'obus sont tombées", indique l'OSDH.

Depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011, la répression de la révolte et les combats entre rebelles et forces gouvernementales ont fait plus de 14.100 morts.

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