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Les enquêteurs français doutent de l'existence des vidéos de Merah (police)

13/06/2012 05:35 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Les enquêteurs français ont des "doutes" et les "plus grandes réserves" sur l'existence d'enregistrements vidéo réalisés par Mohamed Merah juste avant sa mort et cités dans la plainte pour meurtre déposée par son père, a-t-on appris mercredi de sources policières.

Ces enregistrements prouveraient que Mohamed Merah, auteur du meurtre de sept personnes - trois militaires et quatre juifs dont trois enfants - dans le sud-ouest de la France en mars dernier aurait été manipulé par les services secrets français, selon l'avocate algérienne du père.

"Merah n'avait ni téléphone portable, ni ordinateur, ni appareil photo", ont précisé ces sources. Les enquêteurs "ont de sérieux doutes" sur ces enregistrements et ont fait part de leurs "plus grandes réserves".

"Si Merah avait été en possession d'appareils enregistreurs, ils auraient dû être saisis après sa mort lors des constatations sur place", selon ces sources, ce qui n'a pas été le cas.

"D'où viennent ces prétendues vidéos, par quelles voies ont-elles été obtenues et qui lui aurait fourni un téléphone portable pour se filmer ?" c'est "matériellement très difficile à expliquer", ont aussi précisé ces sources policières.

Mardi, le quotidien algérien Echourouk a publié une traduction en arabe de conversations présumées entre Mohamed Merah et des policiers lors du siège qui fut fatal au tueur.

Ces enregistrements, qui n'ont pas été rendus publics, auraient été réalisés par Mohamed Merah au moment où la police assiégeait l'appartement où il s'était retranché et sont cités à l'appui d'une plainte pour meurtre déposée lundi à Paris par les avocates de son père, Mes Zahia Mokhtari et Isabelle Coutant-Peyre.

Selon le quotidien, l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban disait avoir découvert durant ce siège qu'un homme qu'il croyait être son ami était en fait une "taupe", un agent des services français qui l'aurait manipulé, l'incitant notamment à partir en Irak, au Syrie et au Pakistan.

Contactée par l'AFP, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) n'avait fait aucun commentaire sur ces vidéos mardi.

De source proche de l'enquête, on s'était montré très réservé sur ces vidéos que le tueur aurait envoyées de son téléphone portable à son père.

Le parquet de Paris a annoncé mardi avoir demandé communication de ces enregistrements.

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