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Leadership du PLC: Rae ne sera pas candidat, invoquant les intérêts du parti

13/06/2012 04:16 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Bob Rae venait à peine de dévoiler qu'il ne serait pas candidat à la chefferie permanente des libéraux fédéraux que déjà, les spéculations allaient bon train sur les noms des candidats qui sauteront dans l'arène pour tenter de lui succéder.

Mais si les prétendants potentiels sont nombreux, la ligne d'arrivée est encore bien loin — en avril 2013.

Motivé par ce qu'il considère être le «meilleur intérêt» d'un parti en plein «renouveau», le chef libéral intérimaire a annoncé mercredi qu'il ne sera pas sur la ligne de départ pour la course au leadership de sa formation.

Le choix de ne pas se porter candidat pour la chefferie permanente du Parti libéral du Canada (PLC) n'a pas été facile, a signalé Bob Rae en point de presse, mais il s'est dit confortable avec sa décision.

«J'ai eu beaucoup d'encouragements, beaucoup d'appuis du caucus pour considérer la possibilité (de devenir) chef permanent», a convenu M. Rae. «Franchement, je pense que la meilleure chose que je peux faire, c'est au contraire de continuer mon travail comme chef intérimaire, et de laisser aux autres la chance de se présenter pour la chefferie permanente», a-t-il expliqué.

Quelques minutes plus tôt, l'homme politique avait confié sa décision aux députés et sénateurs libéraux réunis au Parlement pour leur caucus hebdomadaire. Il avait terminé sa réflexion le week-end plus tôt.

Et ce ne sont pas des raisons personnelles qui ont influencé son choix, a assuré cet ancien premier ministre néo-démocrate ontarien, candidat malheureux à la chefferie du PLC en 2006.

«Mes cheveux sont blancs, mais il y a beaucoup de feu, d'autre part», a tranché le politicien de 63 ans. «Je me sens bien, ma santé est bonne, tout est bien dans la vie!»

M. Rae demeurera chef intérimaire jusqu'à ce que les membres et partisans du PLC lui trouvent un remplaçant. Il restera député de sa circonscription de Toronto-Centre, mais il a refusé de spécifier s'il entendait se présenter à nouveau aux élections générales de 2015.

Sa décision force de nombreux candidats potentiels à évaluer leurs propres chances de l'emporter, notamment les députés Justin Trudeau, Marc Garneau, Denis Coderre, David McGuinty et Dominic LeBlanc.

«C'est un temps de renouveau dans le parti, il faut donner aux gens la possibilité de se présenter», a signalé M. Rae, alors que sa candidature aurait selon lui empêché certains prétendants à se lancer dans l'arène.

Quand il avait accepté de tenir les rênes du parti après le retrait de Michael Ignatieff au lendemain des élections générales du printemps 2011, il avait d'abord accepté que le poste soit temporaire. L'exécutif du parti devait se prononcer mercredi soir sur la possibilité pour lui de solliciter un mandat permanent. En annonçant d'emblée sa décision de se retirer, il a pris de vitesse la direction du parti.

Candidats potentiels

Si M. Rae encourage toutes les personnes intéressées à foncer afin de briguer l'investiture libérale, lui-même n'endossera personnellement aucun candidat.

L'un de ces candidats possibles pourrait bien être le député de Papineau, Justin Trudeau, qui assurait pourtant depuis des mois qu'il ne tenterait pas sa chance cette fois-ci. Le fils aîné de l'ancien premier ministre libéral Pierre Eliott Trudeau a en effet admis subir d'intenses pressions l'incitant à faire le saut.

«Je sais mieux que beaucoup de gens à quel point c’est difficile d’avoir une famille en politique», a-t-il noté, ayant lui-même habité au 24, rue Sussex quand il était petit.

«Avant de reconsidérer si je vais soumettre mes enfants à ça, il faut vraiment être certain que je suis en train de le faire de la bonne façon et pour les bonnes raisons. Et ça, ce n'est pas une décision à prendre à la légère», a-t-il noté.

D'autres députés de la région de Montréal ne ferment pas, eux non plus, la porte. Denis Coderre n'a jamais caché qu'il serait intéressé, mais il est également courtisé par certains pour qu'il se présente à la mairie de Montréal.

«Je vais prendre une décision cet automne. Cet été, on va parler avec les gens, ça ne sert à rien d'aller trop vite», a-t-il signalé.

L'ancien astronaute Marc Garneau pourrait lui aussi tenter sa chance, mais il a expliqué devoir d'abord soupeser ses appuis.

David McGuinty, le frère de l'actuel premier ministre libéral ontarien, est lui aussi pressenti comme futur candidat, de même que le député de Beauséjour, Dominic LeBlanc, qui a signalé que les chances étaient «assez bonnes» pour qu'il prenne place sur la ligne de départ.

D'anciens députés défaits aux dernières élections, comme Martha Hall Findlay et Gerard Kennedy, pourrait eux aussi être tentés.

Mais peu importe qui l'emportera en fin de course, les libéraux ne doivent pas chercher un sauveur, a prévenu M. Rae en entrevue en fin de journée. «C'est le Parti libéral qui doit effectivement 'se sauver', et ça ne va pas arriver si on pense que c'est seulement un homme ou une femme qui va résoudre tous les problèmes», a-t-il fait valoir.

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