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Le salut hitlérien exécuté par des manifestants inquiète un député libéral

13/06/2012 03:41 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Le salut hitlérien exécuté par certains participants aux manifestations contre la hausse des droits de scolarité est un geste «très dangereux» qui ne peut être banalisé, a estimé mercredi le député libéral Lawrence Bergman.

De confession juive, le député de D'Arcy-McGee a dit trouver «dérangeant» de voir des manifestants faire le salut nazi pour tourner en dérision le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qu’ils ont rebaptisé «SSPVM», en référence à la garde d'élite d’Adolf Hitler.

Des dépliants contre les forces de l’ordre arborant des croix gammées ont aussi été distribués.

«C'est vraiment dérangeant et ça doit être dérangeant pour toute la société québécoise. Je prends ça comme un manque de connaissance, une ignorance», a déclaré M. Bergman au terme d'une réunion du caucus des députés libéraux à Québec.

Interdit dans certains pays comme l’Allemagne et l’Autriche, le salut hitlérien n'est pas illégal au Canada mais il ne doit pas être banalisé pour autant, a soutenu le député montréalais.

Le passé, a-t-il rappelé, enseigne avec éloquence que les pratiques les plus ignobles commises à l'endroit du genre humain ont souvent été précédées de gestes apparemment banals et sans conséquence.

«On doit être très vigilant car on sait que l'on doit apprendre des leçons de l'histoire, et l'histoire montre que les génocides ont commencé avec des mots et des choses que l'on croyait innocentes», a-t-il dit.

En ce sens, tolérer ou banaliser le salut nazi, peu importe le contexte, «peut être très très dangereux», a ajouté le député.

Comme M. Bergman, le B’nai Brith du Canada, une organisation de défense des droits des juifs, a également dénoncé le recours au salut hitlérien. L'organisme y voit une injure aux victimes de la Shoah et à ceux qui ont combattu le nazisme durant la Deuxième Guerre mondiale.

Les gestes reprochés sont le fait d'une infime minorité de manifestants mais le malaise n'a pas échappé aux associations étudiantes. La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), groupe le plus militant contre la hausse des droits de scolarité, a demandé aux manifestants de renoncer au salut hitlérien.

La Fédération étudiante universitaire (FEUQ) a aussi fait part de son inconfort en offrant ses excuses au B’nai Brith.

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