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Le PDG de JPMorgan fait son mea culpa et met en garde sur la régulation

13/06/2012 01:29 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Le PDG de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, a fait son mea culpa mercredi pour les pertes de marché de 2 milliards de dollars essuyées récemment par sa banque lors d'une audition au Congrès, mais il a aussi appelé à la prudence dans la réglementation sur les prises de risque.

"Faites en sorte que la régulation marche pour l'Amérique", a imploré M. Dimon à la fin de son audition devant la commission des affaires bancaires du Sénat, appelant à ne pas défavoriser les Etats-Unis par rapport aux autres marchés.

A l'ouverture de la réunion, il a assuré que la banque était "désolée" des erreurs commises ayant conduit à cet "événement isolé", et il a assumé personnellement une partie au moins de la responsabilité, dédouanant les régulateurs et le conseil d'administration.

La branche de la banque dans laquelle ont eu lieu les pertes, "le service des investissements aurait dû être supervisé plus étroitement par la haute direction, moi y compris", a-t-il noté.

"C'est un problème que je mets complètement sur le compte de la direction", plutôt que sur celui du conseil d'administration ou des régulateurs chargés de la surveillance, a ajouté M. Dimon.

Concrètement, M. Dimon a attribué ces pertes à un contrôle insuffisant de la stratégie des courtiers ayant piloté les opérations risquées, à des limites de risques pas assez précises, à des changements de personnel en cours dans l'équipe chargée de superviser ces opérations, et à l'insuffisance des contrôles au niveau de la "haute direction" de la banque.

Répondant à des questions, il a aussi indiqué que lorsque le 13 avril il avait traité de "tempête dans un verre d'eau" les risques pris par le courtier qui a été surnommé dans la presse "la baleine de Londres", la situation n'était pas encore aussi dégradée qu'elle ne l'est devenue par la suite.

"J'avais parlé à Ina Drew (ndlr: l'ancienne directrice des investissements) et aux responsables du risques, j'avais eu leur assurance qu'ils pensaient que c'était un petit problème isolé (...). Aucune hypothèse ne pouvait montrer que cela deviendrait aussi grave que ça l'est devenu après le 13 avril", a-t-il dit.

Mais quant aux leçons à tirer de ces pertes qui, a-t-il assuré, n'empêcheront pas la banque d'être "solidement bénéficiaire" ce trimestre, il a appelé à la plus grande prudence face à tout durcissement de la réglementation, craignant qu'on "jette le bébé avec l'eau du bain".

"C'est possible, mais je ne sais pas" si la règle de Volcker aurait pu les empêcher, a-t-il dit.

La réglementation Volcker doit interdire aux banques de spéculer sur les marchés pour leur propre compte, en dehors des activités de couverture atténuant les risques. C'est une des dispositions de la loi de réforme de Wall Street promulguée à l'été 2010, mais les autorités de réglementation financière américaines doivent encore la codifier.

Pour M. Dimon, "cela va être très difficile de faire une distinction claire entre le courtage en nom propre et les opérations de couverture, parce qu'on peut regarder pratiquement tout ce qu'on fait et considérer que c'est l'un ou l'autre".

En fin d'audition, il a jugé "inutile" de codifier la règle de Volcker, soulignant qu'"il y avait des façons" de limiter les risques dans les portefeuilles de courtage: "une capitalisation qui convient, les liquidités qu'il faut (...), la mesure de risque qu'il faut, les contrôles du risque qu'il faut".

"Les marchés des capitaux américains font partie d'un formidable moteur économique", a lancé M. Dimon,"je ne veux pas découvrir dans 20 ans que (les marchés les plus performants) sont ailleurs", a-t-il conclu.

chr/sl/mdm

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