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Le fils du criminel nazi Demjanjuk accuse les médecins de l'avoir tué

13/06/2012 01:27 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Le fils de l'ancien criminel nazi John Demjanjuk a réclamé mercredi une enquête sur la mort de son père, décédé en mars, et victime, selon lui, d'une "exécution médicalisée" dans la maison de retraite où il résidait en Allemagne.

"Juste avant sa mort, il a reçu une forte dose d'un analgésique interdit aux Etats-Unis et dont le laboratoire allemand qui le produit explique qu'il ne doit pas être administré aux patients malades, comme lui, de la moelle osseuse", écrit John Demjanjuk Junior dans un communiqué.

"Nous pensons que cela a provoqué son décès", ajoute-t-il, tout en réclamant l'ouverture d'une enquête.

John Demjanjuk est décédé le 17 mars à 91 ans "apparemment" de mort naturelle, selon le porte-parole du parquet de Traunstein, dans le sud de l'Allemagne. L'ancien criminel nazi vivait dans une maison de retraite de cette région depuis sa condamnation à cinq ans de prison pour participation au meurtre de plus de 27.900 juifs lorsqu'il était gardien du camp nazi de Sobibor (Pologne) en 1943. Il attendait l'examen de son appel.

Après lecture d'un rapport d'analyse toxicologique récemment publié, l'avocat de Demjanjuk a assuré que ses médecins lui avaient prescrit un analgésique depuis septembre. Selon un rapport de police, un médecin aurait demandé à une infirmière de lui administrer une dose plus élevée que d'ordinaire le soir de sa mort, pour calmer une douleur à la poitrine.

"Il peut y avoir un lien entre le fait qu'un médecin a fait une très grave erreur en prescrivant une dose trop forte du mauvais médicament et la mort du patient quatre heures plus tard", a affirmé Uli Busch, avocat de John Demjanjuk à l'AFP.

"Si le médecin savait pertinemment qu'il s'agissait d'un médicament contre-indiqué, alors il s'agit très clairement d'une exécution médicalisée", a-t-il ajouté.

John Demjanjuk, un apatride, avait été condamné en mai 2011 à cinq ans de prison pour participation au meurtre de plus de 27.900 juifs lorsqu'il était gardien du camp nazi de Sobibor (Pologne) en 1943.

Après la guerre, il s'était exilé aux Etats-Unis et avait fondé une famille, avant son expulsion vers la Bavière en mai 2009.

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